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Continuer la lectureLe centre Clauderer épinglé : son remède miracle antichute de cheveux n’en est pas un
Les autorités exigent de ce prestigieux spécialiste des soins capillaires qu’il cesse ses pratiques trompeuses sur l’efficacité de ces sérums pour les cheveux.
« Dites non à la calvitie grâce au centre Clauderer », « Nous ne vendons pas de produits à proprement parler, mais des résultats » : sur son site web, le centre Clauderer ne lésine pas sur les slogans aguicheurs à destination des hommes - ou des femmes - angoissés de voir leur crâne se dégarnir. Il v...
Le rappel à l’ordre est venu de la direction de protection des populations (DDPP) de Paris où officient les agents chargés de la répression des fraudes. Dans son viseur, non pas les formules grandiloquentes (et finalement assez creuses) du centre Clauderer, mais les promesses d’efficacité de certains de ses produits phares actuels, les sérums 6R et 7R.
Vendus à prix confortable (66 € la fiole de 30 ml) dans sa boutique, ces produits associent divers extraits de plantes dans un « biocomplexe breveté ». Ils représenteraient « une avancée décisive pour lutter contre la chute des cheveux ». L’un des deux sérums prétend même « relancer l’activité cellulaire et la repousse des cheveux ».
L’injonction des autorités remonte à 2019. Depuis, la société conteste devant les tribunaux. Elle vient d’être déboutée par la cour administrative d’appel de Paris. Une décision que son dirigeant, Jean-François Cabos, ne souhaite pas commenter.
Les éléments fournis pour justifier l’efficacité des sérums « sont insuffisants pour établir l’efficacité alléguée », ont tranché les juges, pas plus convaincus que la DDPP. Le centre Clauderer s’appuie essentiellement sur des recherches en laboratoire (et non pas sur des utilisateurs) dont « la méthodologie utilisée n’est pas clairement établie », selon le jugement daté du 29 décembre consulté par l’Informé. Il souligne aussi que les études sont « non datées, non signées et émanant d’un auteur inconnu ».
Bref, les justifications sont nébuleuses. C’est d’autant plus embêtant que le centre Clauderer se donne des prétentions scientifiques en se prévalant d’un partenariat « avec la faculté de Besançon » et en affirmant qu’un de ses sérums est « beaucoup plus efficace que le minoxidil à 5 % ». Or, cette lotion vendue en pharmacie est un des très rares produits ayant une efficacité reconnue (mais modeste) contre l’alopécie androgénétique, forme la plus fréquente de perte de cheveux.
Un brevet imaginaire
Sur son site web, le centre Clauderer mentionne tout de même un nom : celui de Stéphanie Morot, docteur en biologie cellulaire, à l’origine de tests pour son compte. Cette quadragénaire gère Apex bio solutions, une petite société de microbiologie installée près de Besançon, créée avec un professeur rattaché à l’Université de Franche-Comté. Elle n’a pas répondu aux demandes de précisions de L’Informé.
Dans son injonction, la direction de protection des populations exige aussi que le centre Clauderer cesse ses « allégations mensongères de partenariats et de détention de brevets ». Pour sa défense, le centre Clauderer a présenté aux juges la demande de brevet déposée pour ses sérums. En réalité, il a entamé les démarches en juillet 2019, juste après avoir été contrôlé par les autorités. Et elles n’ont jamais abouti.