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Continuer la lectureWendel avance dans la vente XXL de Constantia Flexibles
Quatre fonds nord-américains convoitent le fabricant d’emballages autrichien. Estimée entre 2,5 et 3 milliards d’euros, l’opération pourrait être l’un des plus gros LBO européens de 2023.
Les choses se précisent pour Constantia Flexibles, l’une des plus grosses participations de Wendel. Comme l’avait révélé l’Informé fin 2022, la holding d’investissement française a décidé de solder sa position d’actionnaire majoritaire dans ce fabricant d’emballages flexibles (2 milliards d’euros de chiffre d’affaires). Selon plusieurs sources concordantes, quatre fonds, tous nord-américains, se sont qualifiés pour la phase finale des enchères pilotées par la banque d’affaires Evercore. Il s’agit d’Apollo, d’Onex, d’OneRock et de Brookfield. Les trois premiers sont plutôt familiers des dossiers industriels. Apollo, le plus connu en France, a par exemple été longtemps l’actionnaire majoritaire du verrier Verrallia (qu’il a introduit en Bourse en 2019) ou du fabricant d’aluminium Constellium. Le quatrième prétendant, Brookfield, est lui plutôt coutumier des investissements dans les infrastructures : il vient notamment de racheter à Axa IM les data centers Data4 pour près de 3,5 milliards d’euros.
Si elle se concrétise, la revente de Constantia sera sans doute l’une des plus importantes opérations de LBO de l’année en Europe, le marché restant très prudent. Alors qu’une valorisation de l’ordre de 2,5 à 3 milliards d’euros est évoquée, des négociations se poursuivent en parallèle sur les conditions de financement du rachat : la solution d’un crédit bancaire est sur la table, tout comme un financement obligataire unitranche fourni par un « club deal » de fonds de dette privée.
Le timing est plutôt favorable à Constantia, en bonne forme. Spécialiste des emballages pour l’agroalimentaire et la santé, l’industriel autrichien a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 22 % en 2022, poussé par une belle percée dans le secteur de la pharmacie. Ayant pu augmenter ses prix pour compenser la hausse des coûts de ses approvisionnements, il s’est même offert le luxe d’améliorer sa marge d’Ebitda de 12,5 à 13,1 % par rapport à 2021, pour un résultat de 256 millions d’euros. « Les perspectives d’activité sont bonnes pour 2023, ce qui devrait encore aboutir à une progression de l’Ebitda sensible cette année », juge un proche du dossier. Quand Wendel avait pris le contrôle de Constantia Flexibles en 2015, son investissement avait alors valorisé 2,3 milliards d’euros l’entreprise, soit neuf fois son Ebitda à l’époque. Mais la société a changé de périmètre depuis : elle s’est séparée, fin 2017, de sa division de fabrication d’étiquettes, une activité jugée non prioritaire bien que représentant un quart des ventes. L’américain Multi-Color Corporation avait déboursé 1,15 milliard d’euros pour la reprendre.
Une sortie du capital de Constantia permettrait à Wendel et à son nouveau patron Laurent Mignon d’avoir les moyens d’investir environ 2 milliards d’euros dans les deux prochaines années, un objectif formulé lors de la présentation de ses résultats 2022, en mars dernier. La holding cotée est très active à l’achat, elle qui s’est offert l’entreprise d’ingénierie Scalian récemment et s’intéresse de près au spécialiste de la cybersécurité Nomios, comme l’a noté l’Informé. Revendre Constantia avec une confortable plus-value pourrait par ailleurs l’aider à accélérer son idée de lever un fonds d’investissement pour compte d’investisseurs tiers. Un projet qui constitue un tournant historique, étant donné que la holding investit historiquement à partir des ressources de son propre bilan.