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Continuer la lectureVers un changement d’actionnaire pour Sabena Technics, le champion de la maintenance aéronautique
Présents depuis 2018, les fonds Sagard et TowerBrook espèrent séduire les grands investisseurs dans la revente de ce prestataire clé de l’aviation civile et militaire tricolore.
Le scénario d’un changement d’actionnaire prend corps chez Sabena Technics. Contrôlé depuis 2018 par le duo de fonds Sagard-TowerBrook et Bpifrance, le grand spécialiste tricolore de la maintenance d’avions (3 500 salariés, notamment à Orly, Toulouse, Pau ou encore Bordeaux) s’organise pour accueillir de nouveaux investisseurs à son capital, comme l’avait déjà évoqué Mergermarket mi-février. Selon nos informations, la banque Lazard vient d’être mandatée pour piloter les discussions. Même si les échanges ne devraient vraisemblablement entrer dans le vif du sujet que cet été, le dossier attire déjà le gotha du private equity. Côté français, les noms de PAI Partners, de Wendel et de Latour Capital sont avancés, tout comme ceux d’Infravia et d’Antin, deux acteurs habituellement tournés vers le financement d’infrastructures. Des investisseurs anglo-saxons regardent eux aussi l’affaire ; ce serait le cas des américains Carlyle et KKR mais aussi des britanniques Cinven et ICG.
Si l’impact du Covid-19 sur le secteur aéronautique avait incité les fonds d’investissements à s’en tenir à l’écart, le redémarrage du marché les fait revenir. Sabena Technics a retrouvé son volume d’activité de 2019 dès 2021, après l’avoir vu chuter en 2020. « Depuis huit ans, nous avons tout simplement doublé le chiffre d’affaires, indiquait en janvier Philippe Rochet, son président, à La Tribune. Ce dernier va atteindre 700 millions d’euros en 2023. » Les prévisions d’Ebitda s’établiraient à 90 voire 100 millions d’euros cette année, contre 40 millions environ à l’arrivée de Sagard, Towerbrook et Bpifrance. Leur investissement s’était alors fait sur la base d’une valorisation de l’ordre de 350 millions d’euros.
Liens étroits avec l’armée de l’air
Née dans le giron de La Sabena, l’ancienne compagnie aérienne belge liquidée en 2001, Sabena Technics est un grand spécialiste de toutes les opérations d’entretien, de réparation et de refonte totale d’avions, en particulier de la cellule de l’appareil, cette partie qui englobe son corps, ses ailes et ses trains d’atterrissage. Le groupe propose ses services aux compagnies de transport de passagers et de marchandises et, fin 2022, l’acquisition d’Héli-Union (150 millions de chiffre d’affaires), lui a d’ailleurs permis de changer le braquet dans l’entretien d’hélicoptères, civils comme militaires
L’entreprise capitalise aussi beaucoup sur ses liens avec le monde militaire, l’armée de l’air étant un de ses gros clients. Les activités du groupe dans la défense, coussin de sécurité essentiel au plus fort de la crise sanitaire, pesaient 60 % du chiffre d’affaires en 2021. Les connexions étroites que Sabena Technics entretient avec le monde de la défense pourraient-elles avoir une influence sur la nationalité du futur actionnaire ? En théorie, sur les dossiers stratégiques liés au militaire, la Direction générale de l’armement pourrait avoir son mot à dire. « Pour Sabena Technics, cela n’est pas vraiment un sujet, relativise un connaisseur du cas La plus grande partie des contrats avec l’armée de l’air porte sur l’entretien d’engins utilisés pour le transport de troupes et de matériel, pas sur celui d’appareils de combat »,. Et de fait, le groupe est déjà aux mains de capitaux étrangers. Sagard est une firme d’investissement basée à Paris, mais rattachée à la galaxie Power Corporation, la structure du milliardaire canadien Paul Desmarais. TowerBrook, quant à elle, est une société de gestion d’origine britannique.