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Industrie

La vente de Sabena Technics renvoyée aux calendes grecques

Les fonds Capza et Tikehau discutaient depuis de longues semaines d’une entrée au capital du spécialiste de la maintenance d’avions. Mais aucun accord n’a été trouvé.

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DAMIEN MEYER / AFP

Révélé dans nos colonnes en avril, le mandat de vente de Sabena Technics qui avait été confié à Lazard est dans l’impasse. Selon nos informations, ce grand spécialiste tricolore de la maintenance d’avions a finalement remis à plus tard son projet de cession. Sagard, Towerbrook et Bpifrance vont donc conserver leur participation acquise en 2018, faute d’avoir pu trouver un accord définitif avec le duo d’investisseurs français formé par Tikehau et Capza. Comme Challenges l’avait évoqué, ces derniers discutaient ensemble d’une entrée au capital depuis de longues semaines. Ils avaient choisi de faire équipe, après avoir d’abord étudié le dossier séparément.

Initialement, les discussions s’étaient engagées sur une valeur d’entreprise d’environ 675 millions d’euros, a appris l’Informé. « Ce prix aurait permis aux partenaires financiers de Sabena Technics de multiplier par deux leur mise initiale », souligne un proche du dossier, le minimum des retours sur investissement considéré comme acceptable dans l’univers des LBO. Mais dans la dernière ligne droite, Tikehau et Capza ont tenté de renégocier la valorisation des titres, entraînant l’abandon des discussions.

Sabena Technics n’a pourtant pas à rougir de ses performances financières. Son chiffre d’affaires est attendu à près de 700 millions d’euros cette année, pour un Ebitda de plus de 90 millions. Née dans le giron de la Sabena - l’ancienne compagnie aérienne belge liquidée en 2001 - l’entreprise est spécialisée dans toutes les opérations d’entretien, de réparation et de refonte totale d’avions. Fin 2022, grâce à l’acquisition d’Héli-Union (150 millions de chiffre d’affaires), elle s’est aussi diversifiée sur le marché des hélicoptères, civils comme militaires. Elle compte ainsi l’armée de l’air française parmi ses plus gros clients… ce qui a freiné bien des investisseurs ces derniers mois, de multiples fonds préférant exclure les activités militaires de leurs stratégies d’investissement.

Un autre élément aurait joué : le groupe de 3 500 collaborateurs est très implanté dans l’Hexagone (notamment à Orly, Toulouse, Pau et Bordeaux), ce qui n’aurait pas été du goût de tous les fonds ayant regardé le dossier. Dès le départ, l’équipe de direction, emmenée par Philippe Rochet, 63 ans, avait pensé pouvoir trouver un accord avec PAI Partners ou Wendel, deux acteurs incontournables du private equity en France. Mais l’un et l’autre ont rapidement quitté la table des négociations. Des noms d’investisseurs anglo-saxons, comme les américains Carlyle et KKR ou, un peu plus tard, le britannique ICG avaient aussi été évoqués.