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Continuer la lectureLa situation sociale se tend chez Endel, repris par Altrad
Le dialogue est à l’arrêt entre les syndicats de cette ancienne filiale d’Engie et la direction d’Altrad, qui a racheté l’entreprise il y a 10 mois.
Choc des cultures chez Endel, l’ancienne filiale de maintenance industrielle d’Engie rachetée par le groupe Altrad en avril. Les organisations syndicales découvrent chez leur nouveau propriétaire des conditions de dialogue très éloignées de celles de leur ancienne maison mère. Ces dernières semaines,...
En fin d’année, le résultat des négociations annuelles obligatoires (NAO) a été décrété sans la signature des syndicats. Une prime Macron de 600 euros a été accordée pour les salaires inférieurs à 3 000 euros bruts ainsi qu’une hausse de 2 % de la masse salariale, octroyée sous forme d’augmentations individuelles. Mais aucune hausse générale des fiches de paie n’a pu être obtenue, malgré l’inflation. « La moyenne de revalorisation des salaires dans la métallurgie est de 6 % », rappelle Frédérik Conseil, délégué syndical central CGT.
Les représentants du personnel pointent pourtant des performances en nette amélioration : l’arrêté des comptes d’Altrad Endel, intervenu le 31 août 2022, fait apparaître un résultat net de 10 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 245 millions d’euros. La trésorerie s’élève à plus de 172 millions d’euros. Quant au carnet de commandes des deux prochaines années, il est également bien rempli, grâce à des contrats signés avec TotalEnergies, le CEA, EDF, Framatome ou encore le réacteur thermonucléaire expérimental international ITER. Et ce, que ce soit au pôle services à l’industrie ou dans la branche services à l’énergie, qui contribue pour presque deux tiers à l’activité totale.
La direction a également adopté de façon unilatérale un protocole sur les élections professionnelles, lié à la réorganisation d’Endel engagée cet été. Ce grand chambardement se traduit notamment par une multiplication des comités sociaux et économiques (CSE), qui passent de 3 à 13, chacun perdant de facto en taille et en influence. Le calendrier des élections n’ayant par ailleurs pas été respecté, les syndicats viennent de saisir la Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) des Hauts-de-Seine pour contester ce déroulement. Un prochain scrutin pourrait être organisé en mars.
Préavis de grève
Une plainte avait par ailleurs déjà été déposée en décembre devant le tribunal judiciaire de Nanterre pour contester le découpage des trois pôles d’Endel en une quarantaine d’établissements autonomes et indépendants dans le cadre de l’intégration du groupe. La décision est attendue mi-février. En attendant, l’intersyndicale alliant la CGT et la CFDT a déposé un préavis de grève pour le 7 février.
Les prochaines discussions s’annoncent tendues, alors que le climat est déjà plombé par la condamnation, le 13 décembre, de Mohed Altrad, fondateur du groupe, par le tribunal correctionnel de Paris. Il a été interdit de gestion pour corruption, avec le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte en 2017. Le patron d’Altrad a cependant fait appel de la décision.
Contacté, Altrad n’a pas répondu à nos sollicitations.