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Transports - Auto

Trains de nuit : surprise, la SNCF annule un appel d’offres

La compagnie ferroviaire souhaitait disposer de nouvelles locomotives, plus modernes, pour les liaisons Paris-Nice et Paris-Tarbes à partir de 2028. Elle a finalement changé d’avis.

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FRANCOIS LAURENS / Hans Lucas via AFP

Jean Castex s’était promis, devant les parlementaires qui l’auditionnaient dans le cadre de sa candidature à la présidence de la SNCF, d’améliorer « au maximum la gestion et l’attractivité » des trains de nuit dont il est « un grand partisan ». Mais l’exercice se révèle plus complexe que prévu pour l’ex-premier ministre. Selon nos informations, la SNCF a annulé tout récemment un appel d’offres lancé en mars 2025 qui devait lui fournir, pendant au moins quatre ans, quatre locomotives modernes pour les trains de nuit quotidiens Paris-Nice. Et en option, cinq locomotives de même type pour assurer le Paris-Tarbes, qui dessert également Pau, Orthez et Lourdes.

Ces deux lignes sont aujourd’hui exploitées par la filiale SNCF Voyageurs pour le compte de l’État dans le cadre d’une délégation de service public courant jusqu’au 31 décembre 2031. Au-delà de cette date, le ministère des transports a déjà lancé un autre appel d’offres pour louer les rames qui rouleront sur les cinq liaisons nocturnes de l’Hexagone.

Mais, préalablement à 2031, le réseau ferré national va se moderniser, obligeant SNCF Voyageurs à disposer d’un équipement adéquat. À partir d’octobre 2028, sonnera en effet le début du déploiement du nouveau système de signalisation ERTMS (European Rail Traffic Management System) sur une ligne classique : le premier tronçon équipé sera les voies entre Marseille et Vintimille, emprunté par le train de nuit entre la capitale et la Promenade des Anglais. Des locomotives adaptées seront donc nécessaires, d’ici 2028, pour tracter les trains de nuit.

Concernant le Paris-Tarbes, sa circulation est entravée deux nuits par semaine par les travaux de modernisation des voies de la ligne classique entre Tours et Bordeaux. La solution envisagée au départ par la SNCF est d’utiliser la liaison à grande vitesse entre les deux villes (LGV Sud Europe Atlantique SEA). Mais ce tronçon est déjà équipé en signalisation ERTMS : pour faire circuler ses trains de nuit sur le tronçon, SNCF Voyageurs doit donc disposer de nouvelles locomotives équipées en conséquence. D’où l’appel d’offres lancé l’an dernier.

Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Selon nos informations, le groupe public a suspendu début mars l’appel d’offres. « Les dossiers reçus dans le cadre de cette consultation ne répondent pas parfaitement aux attentes de SNCF Voyageurs. Cela conduit à adapter et préciser le cahier des charges », répond l’entreprise sans vouloir en dire plus sur ses intentions. Cette décision provoque en tout cas l’incompréhension des candidats : ces loueurs proposaient chacun des locomotives conformes aux spécificités techniques demandées par la compagnie ferroviaire (homologation pour rouler sur les voies ferrées nationales et équipement avec l’ERTMS), comme les toutes dernières locomotives Traxx que commence à livrer Alstom. « Si la SNCF souhaite améliorer la fiabilité de ses trains de nuit comme des lignes Intercités Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Limoges-Toulouse, il y a du matériel disponible », affirme un proche du dossier.

Pour plusieurs professionnels, l’annulation de l’appel d’offres serait plutôt liée à un retard dans le déploiement de l’ERTMS sur le tronçon Marseille-Vintimille. « La rumeur court que la première étape de la mise en service de la nouvelle signalisation pourrait être repoussée de 2028 à 2030 au moins, confie un cheminot. La nécessité d’avoir des locomotives compatibles serait donc logiquement repoussée de deux ans. » La SNCF répond ne pas avoir « d’élément à ce sujet ».