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Continuer la lectureSNCF : Jean-Pierre Farandou va présenter un plan à 10 ans ce jeudi
En instance de renouvellement, le PDG de la SNCF veut graver dans le marbre la priorité accordée au rajeunissement du réseau ferroviaire.
Formaliser les promesses d’investissement dans les infrastructures ferroviaires et la décarbonation des transports. Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou présentera la semaine prochaine un nouveau plan stratégique à 10 ans pour le groupe, selon des informations obtenues par l’Informé. Il réunira le conseil d’administration ce jeudi 12 octobre pour étudier et valider ce nouveau projet, qui doit succéder au « Tous SNCF », élaboré en 2020 lors du changement de statut. Le dirigeant entend tracer des nouvelles perspectives de long terme pour la SNCF à quelques mois de l’échéance de son premier mandat. Emmanuel Macron doit décider avant la fin de l’année de son renouvellement à la tête de l’opérateur ferroviaire.
Tous les enjeux du groupe sont balayés dans le nouveau plan, de la concurrence sur le transport régional et la grande vitesse, au maintien des investissements dans le fret et dans les transports urbains (Keolis) ainsi qu’aux missions de financement du rail assignées à la filiale de transport routier, Geodis. Mais l’essentiel des discussions se concentrera sur l’investissement massif attendu pour rajeunir et moderniser le réseau ferroviaire. Chacun en convient : l’âge moyen des voies ferrées et des aiguillages en France s’approche des 30 ans, alors qu’il n’est que de 17 ans en Allemagne. « La conséquence est connue des Français : ce sont des retards à répétition sur les lignes les plus anciennes », déplore un dirigeant du groupe.
Jean-Pierre Farandou, qui plaide depuis deux ans pour un doublement du trafic ferroviaire, présentera la stratégie d’investissement du groupe dans le renouvellement des voies comme dans la modernisation du réseau (nouveau système de signalisation européen ERTMS et création d’une dizaine de grands postes régionaux d’aiguillage) qui doit permettre de désengorger les lignes les plus utilisées. Il mettra sur la table les besoins de financement à long terme, ainsi que les ressources propres que le groupe compte y consacrer.
Les montants sont connus : un effort d’environ 4,5 milliards d’euros par an est nécessaire, soit une augmentation de 1,5 milliard par rapport au niveau de financement actuel. C’est d’ailleurs l’option qui avait été retenue en février par la Première ministre Élisabeth Borne, lors de la publication du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures. « L’État souhaite s’engager, aux côtés de la SNCF (...) pour réussir une « nouvelle donne ferroviaire », de l’ordre de 100 milliards d’euros d’ici 2040 », déclarait la cheffe du gouvernement.
Depuis, l’exécutif s’est pourtant refusé à formaliser un engagement sur plusieurs années, alors que les parlementaires comme l’industrie appellent à une loi de programmation des mobilités. « Le gouvernement n’en veut pas, regrettait cet été un dirigeant du groupe ferroviaire. Il craint que les parlementaires ne se lancent dans une surenchère de dépenses sur le rail », une priorité consensuelle pour réduire les émissions de CO2 du secteur des transports. Pour 2024, l’exécutif n’a consenti qu’une augmentation de 300 millions d’euros des crédits en faveur du renouvellement du réseau. « Une première marche importante », selon le ministre des Transports Clément Beaune, mais bien éloignée du 1,5 milliard d’euros envisagé.
En 2022, la SNCF a versé 400 millions d’euros au fonds de concours de l’État pour le financement des investissements de SNCF Réseau. Jean-Pierre Farandou devrait s’engager à ce que le groupe maintienne son effort les prochaines années. À la suite, ce sera à l’État de se positionner. Bercy compte deux représentants (Mélanie Joder, Alexis Zajdenweber) au conseil d’administration du groupe.