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Continuer la lectureSNCF : Jean-Pierre Farandou toujours pas fixé sur son sort
Un conseil d’administration du groupe s’est tenu hier, jeudi 25 avril. Si les soutiens du PDG en ont profité pour se faire entendre, aucune décision n’a encore été annoncée sur le renouvellement, ou non, du patron. Mais cette fois, l’État s’est engagé sur une date.
Le supplice continue. Alors que l’entreprise publique attend une décision depuis le début de l’année sur la suite du mandat de son PDG Jean-Pierre Farandou, l’État n’a toujours pas fait connaître son choix au conseil d’administration. Le flou devait se dissiper jeudi 25 avril lors de la réunion du conseil qui approuve les résolutions qui seront votées par la prochaine assemblée générale des actionnaires de la SNCF. Mais les administrateurs du groupe ferroviaire en ont été pour leurs frais. « Rien n’a été tranché concernant le sort du président », se désole un participant. Selon nos informations, le directeur de l’Agence des participations de l’État, Alexis Zajdenweber, a fait savoir au conseil d’administration qu’il n’était, pour l’heure, pas en mesure de se prononcer sur la suite à donner au mandat du PDG. Seule avancée : il a précisé que l’État, seul actionnaire de la compagnie ferroviaire, prendra une décision au plus tard lors de la prochaine assemblée générale, prévue le 13 mai.
Ce ne serait pas la première fois que le président de la République Emmanuel Macron repousse au maximum ses choix de nomination, mettant les entreprises ou établissements publics sous tension. « C’était a priori en bonne voie pour que Jean-Pierre Farandou soit renouvelé, croyait savoir hier soir un participant. Mais la polémique sur l’accord signé lundi dernier avec les syndicats sur les fins de carrière des cheminots (qui revient sur les mesures d’âge de la réforme des retraites, ndlr) a freiné la décision de l’exécutif. » L’Élysée, encore très favorable l’été dernier à un renouvellement du PDG, aurait aussi été refroidi depuis par des grèves intempestives et des discussions difficiles fin 2024 sur le budget de la SNCF et sur son nouveau plan stratégique à horizon 2032.
La réunion du 25 avril a tout de même permis de renouveler chacun des administrateurs du groupe (à l’exception des représentants des salariés, désignés par leurs syndicats à la suite des élections internes début avril). Pour la moitié des membres du conseil, le nouveau mandat sera limité à deux ans et à quatre ans pour les autres. « L’État a souhaité que, désormais, les mandats ne soient plus tous alignés sur les mêmes échéances afin que le conseil se renouvelle par rotation », explique un proche du dossier.
Jean-Pierre Farandou, qui rappelle à chacun qu’il entend continuer sa mission à la tête de la SNCF, fait partie des administrateurs renouvelés pour deux ans. Cela le conforte dans ses fonctions pour l’échéance de mai, un PDG devant au préalable être désigné administrateur. Mais rien ne dit qu’il sera maintenu jusqu’au terme de ce nouveau mandat. L’Élysée peut décider de le remplacer dès la fin des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le 8 septembre prochain. C’est le sort qui a d’ailleurs été réservé à l’actuel patron d’Aéroports de Paris, Augustin de Romanet.
L’exécutif peut tout aussi bien préférer maintenir Jean-Pierre Farandou en poste au-delà des JO. Mais, âgé de bientôt 67 ans, il sera atteint l’année prochaine par la limite d’âge fixée à 68 ans pour un PDG. Selon les statuts du Groupe SNCF, il devra quitter ses fonctions au plus tard lors de l’assemblée générale qui statuera sur les comptes de l’exercice 2024, c’est-à-dire en mai 2025. Après cette échéance, l’État peut aussi décider de séparer les fonctions de président et de directeur général, ce qui permettrait à Jean-Pierre Farandou de se maintenir comme président non exécutif jusqu’à l’année de ses 70 ans, comme le prévoient les statuts. Rappelons toutefois que ces textes peuvent aussi être modifiés par simple décret en Conseil d’État pour repousser la limite d’âge du PDG.
D’ailleurs, le conseil d’administration de jeudi a été l’occasion de plusieurs interventions pour défendre le bilan du patron. André Martinez et Agnès Touraine, deux administrateurs indépendants, ont adressé un satisfecit sur la trajectoire menée depuis quatre ans, concernant le redressement financier malgré deux années de Covid, le dialogue social et le lancement d’un plan de 100 milliards d’euros d’investissements dans la modernisation du réseau ferré et des trains. Ils ont aussi souligné la bonne mise en place, en distanciel pendant l’épidémie de Covid en 2020, de la gouvernance issue de la réforme de 2018 de la SNCF. « Un message de soutien a été passé au gouvernement », indique un participant.