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Transports - Auto

Nouvelle rame, nouveaux horaires… SNCF et Deutsche Bahn reconduisent leur alliance commerciale

Les deux opérateurs leaders du ferroviaire en Europe vont renforcer de concert les lignes entre la France et l’Allemagne avec de nouveaux trains. À la différence des liaisons avec l’Italie et l’Espagne, où la concurrence est rude.

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ERIC PIERMONT / AFP

Le couple franco-allemand du ferroviaire fonctionne à plein. Le partenariat commercial entre la SNCF et son homologue outre-Rhin Deutsche Bahn va être renouvelé pour cinq ans, selon nos informations. Un modèle à l’opposé de la concurrence frontale sur le transport de voyageurs engagée, à partir de 2021, avec les opérateurs historiques italien (Trenitalia) et espagnol (Renfe). Initié lors de l’inauguration de la LGV Est en 2007 puis reconduit sous plusieurs formes depuis, cette alliance a permis l’exploitation en commun de lignes transfrontalières comme le Paris-Francfort, le Paris-Stuttgart-Munich ainsi qu’un Marseille-Francfort. Ces axes doivent être complétés d’ici le 16 décembre prochain par un aller-retour quotidien en TGV entre les capitales française et allemande, déjà reliées depuis décembre 2023 par un train de nuit.

Cette signature est une excellente nouvelle pour la SNCF. Car, sur les liaisons avec l’Allemagne, chaque rame TGV rapporte 3 millions d’euros de marge chaque année, contre environ 250 000 euros pour les trajets dans l’Hexagone, selon les calculs de la compagnie. « Le TGV est plus rentable à l’international car le prix des péages ferroviaires est plus élevé en France, à un niveau sans égal en Europe, indique un cheminot. Et cela va continuer à augmenter.  » L’accès au rail français coûte en effet 8,90 euros par train et par km, estimait en 2020 une étude de l’Autorité de régulation des transports, contre 5,20 euros en Allemagne, 4,7 en Espagne et 3,2 en Italie.

Le marché allemand a été testé par la compagnie française mais celle-ci a conclu qu’elle n’atteindrait pas un développement suffisant en solitaire face à la DB, contrairement à ce qu’elle a estimé en Espagne, où elle a lancé ses Ouigo en 2021, et en Italie, qu’elle compte investir à partir de 2026. La SNCF aurait en fait beaucoup à perdre d’un divorce avec DB : outre que l’investissement serait conséquent pour s’imposer seul outre-Rhin, les deux entreprises ont, en parallèle, noué depuis de nombreuses années d’autres accords pour « mettre leurs savoir-faire technologique et numérique en commun et construire le système ferroviaire de demain », selon un communiqué commun.

Résultat : la SNCF vient d’approuver un renouvellement pour cinq nouvelles années du « contrat de coopération » avec DB, qui arrivait à échéance en décembre 2025. À partir de cette date, les deux partenaires ont convenu de faire circuler chacun une rame supplémentaire progressivement : un TGV pour la SNCF et un ICE, le train à grande vitesse fabriqué par Siemens, pour la DB. Ces nouveaux matériels ne sont pas destinés à l’ouverture d’une nouvelle liaison. Ils viendront renforcer la desserte du Paris - Munich et du Paris – Francfort, avec deux allers-retours additionnels quotidiens.

Reste un « point de vigilance » d’importance sur ce dossier. L’alliance entre les deux opérateurs ferroviaires publics serait dans le viseur de la Commission européenne, qui a la responsabilité de favoriser la concurrence sur les marchés du transport de voyageurs depuis 2007 et l’adoption du 3e paquet Mobilités. À la SNCF, on craint que Bruxelles, qui a déjà imposé avec fermeté en 2023 la séparation de Fret SNCF en deux entités et l’abandon de 23 flux opérés, lance une enquête sur le partenariat avec DB. Malgré cette épée de Damoclès, la direction de la compagnie tricolore s’affirme plutôt confiante, car le nouveau contrat de partenariat est rédigé dans les mêmes termes que le précédent, lequel avait été validé par la DG Concurrence de la Commission. Pour éviter de passer sous ses fourches caudines, chacun des deux partenaires s’engage à continuer de vendre les billets de son côté, avec sa propre gamme de prix et son propre « yield management », le système d’ajustement des tarifs à la demande exprimée.

Interrogée, la SNCF n’a pas souhaité ajouter de commentaires.