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La SNCF et l’État toujours pas d’accord sur le financement de la rénovation du réseau

Lors du conseil d’administration prévu ce jeudi, Jean-Pierre Farandou doit présenter un plan stratégique à 10 ans pour le groupe ferroviaire. Mais de nouvelles exigences de l’État bloquent encore le projet.

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FREDERIC SCHEIBER / Hans Lucas via AFP

À 48 heures de l’échéance, rien n’est encore gagné. Ce jeudi 14 décembre, le conseil d’administration de la SNCF doit se réunir et valider le nouveau plan stratégique élaboré par le PDG, Jean-Pierre Farandou, pour emmener le groupe jusqu’en 2032. « Il est bien à l’ordre du jour… mais je comprends que rien n’est encore totalement certain », confie aujourd’hui un administrateur du groupe public ferroviaire. Pour rappel, la présentation du plan, initialement prévue le 12 octobre dernier, a déjà été reportée une première fois sous la pression de l’État, comme l’avait révélé l’Informé.

Les grandes orientations (investissements, tarification, achat de matériel roulant, relations avec les collectivités locales,...) sont validées, affirment plusieurs sources. Mais la SNCF et l’État n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur les contributions que chacun doit apporter au financement du rajeunissement et de la modernisation du réseau ferroviaire français. La première ministre Élisabeth Borne avait évalué en février dernier à 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2040. « Il y a encore des discussions avec l’État pour finaliser des financements supplémentaires sur ce sujet », admet un administrateur de la SNCF.

Ces derniers jours, un accord semblait pourtant se dessiner après de longues négociations cet automne. « Les discussions ont porté sur la contribution demandée par l’État à la SNCF sur l’ensemble de la période du plan stratégique, explique un proche du dossier. Il est apparu durant les échanges qu’il était trop compliqué de définir une trajectoire financière sur 10 ans. Il a donc été décidé de circonscrire le problème sur les trois premières années pour le résoudre.  » Sur cette période, la SNCF a accepté de porter seule l’effort, sans contribution supplémentaire de l’État.

Pour financer les investissements dans le réseau, la règle impose au groupe ferroviaire de piocher dans ses résultats. Un compromis aurait été trouvé pour que sa contribution atteigne 1,6 milliard d’euros sur les trois premières années du plan, selon nos informations. Mais cet accord aurait, très récemment, été remis en cause par l’État, qui réclame plus. « Le groupe se porte bien, les objectifs financiers sont atteints en 2022 et en 2023, observe un administrateur. Jean-Pierre Farandou a démontré qu’il avait la capacité à délivrer les résultats attendus. Il n’est pas illogique que l’État, en tant qu’actionnaire, lui demande de faire plus. Les discussions sont tendues mais chacun est dans son rôle. »

Il reste au PDG de la SNCF la responsabilité de juger si les nouvelles demandes sont soutenables ou non pour le groupe. « On est dans une période d’inflation élevée où les contraintes sont encore plus fortes sur la limitation de la hausse des prix des billets comme sur les revalorisations salariales réclamées par les syndicats », juge un administrateur. Un récent rapport de la commission des finances du Sénat sur le projet de loi de finances 2024 pointait « de vrais risques » à « faire financer l’intégralité de la montée en puissance des investissements dans le réseau ferroviaire d’ici 2027 par la SNCF elle-même ». Selon les sénateurs, il n’est pas garanti que la compagnie « puisse supporter à elle seule le coût de ces investissements » et financer l’augmentation de son offre de transports.

Contacté, le groupe SNCF n’a pas souhaité commenter nos informations.