Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Transports - Auto

La SNCF à la rescousse de l’État pour financer le réseau ferré

Le gouvernement a choisi d’imposer à la compagnie publique une contribution XXL à la rénovation des voies de chemin de fer.

Photo
IAN LANGSDON / AFP

« Avec de très bons chiffres 2024, Jean-Pierre Farandou va pouvoir afficher un bilan excellent pour son dernier exercice en tant que PDG de la SNCF », se félicite un de ses proches. Le groupe va annoncer ce jeudi 27 février, comme l’a révélé Libération, un bénéfice net de 1,55 milliard d’euros pour l’exercice 2024, en hausse de 18 % sur un an. Mais ces bons résultats vont surtout contribuer à l’entretien des 28 000 km de réseau ferré, ouvert à des opérateurs concurrents pour le transport de voyageurs depuis décembre 2020. Selon nos informations, le groupe public va acter lors de son conseil d’administration, ce jeudi 27 février, qu’il apportera 1,56 milliard d’euros en 2025 pour financer la rénovation de ces infrastructures, via une contribution au « Fonds de concours de l’État ».

Un montant XXL qui peut surprendre. Depuis la réforme de 2018 de la SNCF, la loi stipule que la compagnie doit verser, chaque année, 60 % de ses bénéfices de l’exercice précédent pour entretenir et moderniser le rail. Une contrepartie aux faits que l’État a épongé de 35 milliards d’euros la dette du groupe ferroviaire et s’est engagé à ne plus exiger de dividendes. Selon cette logique, la contribution aurait donc dû se limiter en 2025 à seulement… 930 millions d’euros. « La SNCF va devoir s’acquitter de près du double de ce qu’elle doit pour entretenir le réseau ferré national alors qu’il ne lui appartient pas et qu’il est utilisé à un tarif réduit par ses concurrents (Trenitalia et Renfe, ndlr) », se plaint un délégué syndical. Plusieurs sources au fait du dossier affirment par ailleurs que le groupe, pour financer sa contribution de 1,56 milliard d’euros, s’est résolu à devoir emprunter 100 millions d’euros cette année.

Dans les faits, c’est l’État, actionnaire à 100 % de la compagnie, qui fixe cette contribution. Déjà pour 2024, il avait décidé que l’apport de la SNCF au fond de concours s’élèverait à 1,7 milliard d’euros alors que le bénéfice net du groupe en 2023 était d’un montant inférieur (1,31 milliard). À l’inverse, en 2023, ce sont 985 millions d’euros qui avaient été versés par la SNCF, alors que les profits 2022 avaient atteint le montant record de 2,4 milliards d’euros, soit un taux de retenue largement inférieur (41 %). « La règle n’est jamais véritablement respectée, indique un proche du dossier. La seule logique qu’on peut en tirer est que l’État réclame une contribution plus forte quand il a lui-même du mal à boucler ses finances. » C’est le cas cette année : le gouvernement, confronté à un déficit public élevé, a réduit le budget dévolu aux infrastructures de transport de 800 millions d’euros, selon un rapport de la Commission des finances du Sénat.

Contacté, le groupe SNCF n’a pas répondu.