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Continuer la lectureIsabelle Delon parvient à quitter SNCF Réseau pour la holding
En fonction depuis 2017 chez SNCF Réseau, la cheminote tentait depuis de nombreux mois de rejoindre la maison-mère. Mais sa mobilité était contrecarrée par les règles d’indépendance en vigueur dans le secteur ferroviaire.
Il lui aura fallu attendre un an. Selon nos informations, Isabelle Delon va enfin pouvoir changer de casquette au sein du groupe SNCF. Aujourd’hui directrice générale de SNCF Réseau chargée des clients et des territoires, elle occupera prochainement, à la holding de tête, le poste de directrice de l’audit interne et des risques groupe. Depuis fin 2023, elle cherchait à quitter le gestionnaire d’infrastructures ferroviaires pour rejoindre la direction du groupe. Mais la Commission de déontologie du système de transport ferroviaire - chargée de garantir une saine concurrence entre les nouveaux acteurs du rail (Renfe, Trenitalia, DB Cargo) et la SNCF malgré le maintien de la gestion des infrastructures dans le périmètre de l’entreprise publique -, avait émis en février dernier un avis défavorable à son transfert. Isabelle Delon visait à l’époque le poste de « directeur de l’engagement, social, territorial et de l’environnement » du groupe SNCF, des fonctions que quittait Mikaël Lemarchand, comme l’Informé l’avait révélé. Elles ont été, depuis, réparties entre Muriel Signouret, directrice RSE depuis mai dernier, et Marlène Dolveck qui a pris, en plus de ses responsabilités de directrice générale de Gares & Connexions, celles de directrice générale adjointe chargée de la transformation.
La déception était forte pour Isabelle Delon dont la carrière à la SNCF, amorcée en 1991, s’est déroulée dans plusieurs entités du groupe : responsable commerciale en Pays de la Loire et en Normandie, responsable du recrutement des cadres à la DRH, directrice des ventes de SNCF Voyages… Entrée en 2017 chez SNCF Réseau comme directrice de l’ouverture à la concurrence du marché voyageurs, elle avait ensuite évolué en tant que directrice générale clients et territoires. La Commission de déontologie avait jugé que, étant interlocutrice de tous les concurrents de la SNCF (Trenitalia, Transdev, Renfe et bientôt Proxima ou Kevin Speed) pour leurs projets de développement commercial en France, Isabelle Delon ne pouvait rejoindre le comex de la maison-mère du transporteur historique. L’instance hébergée à l’Autorité de régulation des transports jugeait élevé le risque que la dirigeante partage avec les autres membres du comex de la SNCF, dont le PDG de SNCF Voyageurs ou celui de Rail Logistics Europe (fret), des informations confidentielles sur les projets et les difficultés de leurs concurrents.
Sollicitée à nouveau fin 2024, la Commission, présidée par Roger Grass, magistrat honoraire à la Cour de cassation, a donc, cette fois, validé le transfert d’Isabelle Delon. Comment expliquer son revirement ? « Les garanties apportées dans la deuxième demande ont été suffisamment précises pour convaincre la Commission de déontologie », indique une source proche du dossier. Surtout, le poste aujourd’hui visé est de nature très différente du précédent. Celui de directrice RSE offrait un siège au comex de la SNCF et une influence directe sur la stratégie générale du groupe ferroviaire, ce qui comportait un risque d’utilisation d’informations confidentielles apprises au sein de SNCF Réseau auprès des concurrents de l’opérateur. Le deuxième poste, concentré sur l’audit interne, c’est-à-dire le contrôle des processus, des personnels et de la conformité, est beaucoup moins susceptible d’une utilisation illicite de données extérieures.