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Continuer la lectureDB Cargo France réduit la voilure et lance un plan social
Le transporteur ferroviaire allemand continue d’essayer de redresser ses comptes. Il va fermer deux agences dédiées au transport de marchandises en France. L’ex-Fret SNCF va récupérer une partie de son activité.
Deutsche Bahn ferme tous les foyers de pertes. Il y a urgence car l’opérateur public allemand fait face depuis l’année dernière à des problèmes endémiques de ponctualité dus à la vétusté du réseau ferré : elle y a investi un montant record de 7,6 milliards d’euros ce qui a creusé sa perte nette à 2,35 milliards. S’il a cédé en septembre sa pépite dans la logistique DB Schenker au danois DSV pour 14 milliards d’euros, le mastodonte allemand a encore perdu 677 millions d’euros au premier semestre 2024. En France, il taille dans les agences non rentables de sa filiale de fret DB Cargo. Selon nos informations, un plan de sauvegarde de l’emploi vient d’y être lancé. Il entraînera la suppression de 30 emplois sur environ 900 salariés. Deux agences seront fermées, à Gevrey (Côte-d’Or) et à Vaires (Seine-et-Marne).
Ces deux sites sont dédiés à l’activité dite « du wagon isolé », une technique où DB Cargo assemble un train en y chargeant les marchandises issues de clients différents. « La maison-mère en Allemagne ne veut plus les maintenir car elle rencontre trop de difficultés dans leur commercialisation ces dernières années, indique un cheminot. Sur le wagon isolé, DB Cargo France exploite surtout des flux d’outre-Rhin vers l’Hexagone adressés par sa maison-mère. » Celle-ci est, d’une part, soumise à un plan de réorganisation drastique, imposé par la Commission européenne du fait de pertes récurrentes, comme pour Fret SNCF ; d’autre part, les flux marchandises venant d’Allemagne se sont taris cette année du fait d’un repli assez marqué de l’industrie allemande.
« Pour améliorer son résultat, DB Cargo rationalise les services et augmente ses tarifs, précise un expert du secteur fret. Cela provoque un double effet négatif : l’entreprise n’a plus assez de volumes pour amortir ses hubs de wagons isolés, qui constituent l’essentiel de ses coûts fixes. » Avant 2019, le site de Vaires traitait un volume de 11 000 wagons par an. « Avec le plan de DB, le volume attendu pourrait tomber à 5 000 wagons, ce n’est pas tenable », indique notre expert.
Surprise : la fermeture des deux agences DB Cargo France aura pour conséquence que ses flux vont être repris par Hexafret, la future société qui doit naître au 1er janvier 2025 de la « discontinuité » de Fret SNCF, selon nos informations. Cette séparation en deux et le changement de nom de la filiale du groupe SNCF ont été imposés par la Commission européenne et le gouvernement français, pour éviter à l’entreprise de rembourser 5,3 milliards d’euros d’aides d’État, qui ont couvert ses pertes de 2007 à 2019.
Un volume d’affaires de 6 000 wagons pourrait venir augmenter l’année prochaine le chiffre d’affaires de Hexafret, lui-même contraint par Bruxelles de céder à ses concurrents un total de 23 flux de fret au premier semestre 2024. Huit d’entre eux avaient même été récupérés par DB Cargo France. La société compte sur ce remède de cheval pour améliorer son résultat l’année prochaine. Selon ses comptes, elle a vu son activité progresser de 14 % en 2023 pour atteindre 168 millions d’euros, ce qui a permis de réduire ses pertes à 1,7 million d’euros contre 8 millions un an plus tôt.