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Continuer la lectureBillets d’été : la SNCF empoche 55 millions d’euros en un jour !
Les réservations de TGV pour juillet et août ont ouvert mercredi. Malgré des prix en hausse, les Français se sont rués pour acheter leurs places, permettant à la SNCF d’enregistrer un nouveau record de chiffre d’affaires sur une journée.
« L’appétit de train est bien là », se plaît à répéter le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Ce mercredi 13 mars, cela s’est traduit en espèces sonnantes et trébuchantes dans les caisses de l’entreprise publique. Les réservations des billets de TGV Inoui et Ouigo pour les prochaines vacances d’été, qui ont démarré ce jour-là, ont généré 55 millions d’euros de recettes en 24 heures, a appris l’Informé. Un montant en hypercroissance (+53 %) par rapport à la même opération l’année dernière, où 36 millions d’euros avaient été récoltés pour la première journée de commercialisation. Contactée, la direction de SNCF Voyageurs « ne souhaite pas commenter ces chiffres » mais confirme néanmoins « une journée record ».
Preuve de l’engouement, plus d’1,1 million de billets TGV ont été réservés sur la seule journée de mercredi (et 1,5 million en incluant les Intercités et TER). La première raison tient sans doute aux déconvenues passées des Français : habitués à voir les trains saturés les jours de grands départs (week-ends du 14 juillet et du 15 août), ils se sont précipités pour réserver leurs billets, même si la SNCF a ouvert 400 000 places de plus que l’été dernier dans les TGV Inoui.
La deuxième tient à la tarification mouvante opérée par SNCF Voyageurs, avec un prix du ticket qui augmente à mesure qu’on se rapproche de la date de départ. Ce « yield management », qu’on retrouve chez les compagnies aériennes par exemple, privilégie un taux d’occupation maximum : le tarif d’un billet pour un train très convoité s’envole, tandis qu’il baisse pour les trajets les moins demandés. TF1 a d’ailleurs remarqué que, mercredi, les prix augmentaient dans la journée plus les trains se remplissaient. « Les Français ont bien intégré qu’ils devaient anticiper leurs réservations pour éviter de payer plus cher à la veille du départ, jugeait Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs lors de la présentation du bilan 2023. Désormais, 1 billet sur deux est acheté plus de 24 jours avant le départ. C’est trois jours de plus en moyenne qu’au cours de l’année 2022. »
Le bon résultat des ventes pour les TGV estivaux reste néanmoins sous les objectifs fixés par le groupe, qui espérait atteindre entre 61 et 70 millions de recettes pour la première journée. Plus globalement, la direction vise une forte croissance de ses recettes les prochaines années, afin que les bénéfices générés puissent financer les efforts massifs nécessaires pour moderniser le réseau ferroviaire vieillissant.
Lors de la présentation des résultats 2023, le directeur financier du groupe, Laurent Trevisani, prévoyait pour 2024 un surcroît de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires issus des activités ferroviaires, qui atteindrait 20,9 milliards d’euros. Pourtant, de nombreux leviers sont bloqués : les prix des billets TER sont fixés par les régions et une négociation avec le gouvernement a débouché, en début d’année, sur une stabilité des prix pour les Intercités, les TGV Ouigo et les cartes Avantages (souscrites par 4,5 millions d’usagers). Si on ajoute que la SNCF manque de rames TGV, le seul moyen de gonfler ses recettes reste d’augmenter les tarifs des TGV Inoui.