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Continuer la lectureAllocab en passe de lever 20 millions d’euros
Sortie de l’orbite de la SNCF, la plateforme de VTC s’est réorientée vers les entreprises. La levée de fonds doit lui permettre de financer une flotte de véhicules électriques.
Allocab passe (un peu plus) au vert. Selon nos informations, la compagnie française de VTC est sur le point de lever 20 millions d’euros avec un objectif affiché : accélérer l’électrification de ses véhicules. Cet argent frais doit lui permettre d’acquérir 500 nouvelles Tesla, qu’elle proposera ensuite en leasing aux meilleurs de ses 3000 chauffeurs partenaires. De quoi propulser la part de véhicules verts (hybrides ou électriques) proposés sur sa plateforme de 40 % actuellement à 80 % en 2025 et économiser ainsi 10 000 tonnes de CO2 en 2026.
C’est le fonds NEoT Green Mobility, spécialisé dans le financement des infrastructures pour les mobilités zéro-émission, qui devrait apporter les nouveaux capitaux à Allocab. Les deux parties sont en cours de finalisation d’un accord, qui devrait aboutir avant l’été selon nos informations. Créé en 2021, NEoT Green Mobility est soutenu par le fonds britannique 3i, Mirova (la structure d’investissement durable de Natixis), la Banque des Territoires (filiale de la Caisse des dépôts et consignations) et EDF Pulse Croissance, l’activité de corporate venture de l’électricien. Il disposait au départ d’une capacité totale d’investissement de 100 millions d’euros.
Fondée en 2011 par Yanis Kiansky et Thomas Tiercelin, aujourd’hui respectivement PDG et directeur technique d’Allocab, la jeune pousse est née sur un modèle assez proche de celui d’Uber, dédié aux déplacements des particuliers. Mais, après un passage express entre les mains de la SNCF (cf. encadré), la start-up a pivoté pour se concentrer sur la clientèle d’entreprises, avec des contrats de long terme qui lui permettent de stabiliser ses revenus. Allocab compte aujourd’hui 1200 sociétés clientes, comme Vinci, Korian, Booking, Groupe Rocher ou encore la Fédération française de rugby. Beaucoup d’entre elles se sont engagées dans des programmes de réduction de l’empreinte carbone des déplacements de leurs employés.
Cette activité BtotB à la rentabilité plus solide lui a valu à la start up d’atteindre l’équilibre dès l’exercice 2020. L’an dernier, l’activité d’Allocab a encore doublé pour atteindre 18 millions d’euros, ce qui lui a permis de dégager près de 1 million d’euros de bénéfices d’exploitation. Aujourd’hui présente dans plus de 100 villes, 110 gares et 48 aéroports, la plateforme table sur une forte croissance à venir : elle vise près de 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, avec plus de 10 % de marge opérationnelle.
Les allers-retours de la SNCF dans le secteur des VTC
Qui trop investit, mal accompagne ? En 2016, la SNCF présidée par Guillaume Pepy, pressée d’investir un secteur des mobilités en pleine mutation, avait apporté 3 millions d’euros à Allocab. La jeune pousse avait été sélectionnée pour être un des fournisseurs de son service iDCab de réservation de véhicules avec chauffeur proposé aux usagers au départ ou vers les gares. Mais peu auparavant, Keolis, le géant des transports publics dont la SNCF détient 70 % du capital, avait déjà pris le contrôle d’un autre service de VTC, LeCab. Sur fond de concurrence intra-groupe pour capter la clientèle de la SNCF et de mauvais résultats pour LeCab, la société de chemins de fer s’était finalement séparée de ses deux participations en 2019, après avoir donné un mandat à Rothschild. Le management d’Allocab avait alors repris son indépendance, tandis que SnapCar avait pris le contrôle de LeCab. À chaque fois pour 1 euro symbolique… Depuis, pour éviter la répétition de tels échecs, la SNCF loge toutes ses participations au capital de start-up dans une société d’investissement dédiée, 574 Invest, rattachée directement à la holding de tête du groupe ferroviaire.