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Nicolas Sarkozy monte au capital de son cabinet d’avocats... qui ne va pas fort

Propriétaire de parts dans Realyze depuis sa création, l’ancien président de la République contrôle désormais 50 % de la société, dont le bénéfice a chuté de près de 60 % l’an dernier.

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ESTELLE RUIZ / Hans Lucas via AFP

Comme aimait le répéter son meilleur ennemi Jacques Chirac, les emmerdes, ça vole en escadrille. Nicolas Sarkozy peut en témoigner. Alors que le procès en appel dans l’affaire Bygmalion vient de s’ouvrir, l’ancien président de la République voit aussi son cabinet d’avocats traverser une période mouvementée. Son ami et associé historique, Arnaud Claude, a cessé d’en être actionnaire l’an dernier, a appris l’Informé. Ce départ était prévisible après sa condamnation en 2019 dans l’affaire Balkany pour « blanchiment de fraude fiscale » à trois ans de prison avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer la profession d’avocat. Ses parts dans Realyze ont donc été annulées, ce qui a mécaniquement fait monter les participations de son fils Christofer et de Nicolas Sarkozy, propriétaire jusqu’ici à 34 % du capital. Le duo contrôle désormais chacun 50 % de la société, forte de 22 collaborateurs spécialisés dans le droit immobilier, le droit des affaires, le droit public...

L’entreprise ne vit pas ses meilleures heures. L’an dernier, son chiffre d’affaires a enregistré un recul de près de 9 %, à 6,9 millions d’euros. Le bénéfice net, lui, s’est écroulé de près de 60 %, à 228 670 euros, soit le montant le plus faible de ces dix dernières années. Aucun dividende n’a été versé comme c’est le cas depuis 2018. Ce recul des résultats reflète-t-il le départ d’un associé historique, ou la perte d’influence de l’ancien président de la République liés à ses différentes condamnations ? Difficile d’être affirmatif à ce sujet, mais il est certain que l’accumulation des affaires a terni l’image de Nicolas Sarkozy.

Cofondé en 1987 sous le nom de Claude & Sarkozy avant de devenir Realyze, le cabinet est détenu par une holding baptisée CSC. Cette dernière a redistribué 395 200 euros de dividendes entre 2013 et 2018, dont 134 368 euros à Nicolas Sarkozy. CSC est également actionnaire à 80 % d’un autre cabinet d’avocats, DLDA, présidé par Me Jack Beaujard, qui a défendu plusieurs dossiers en 2023 pour la Caisse d’épargne et BNP Paribas, aux côtés de Realyze.

Selon une enquête de Mediapart, l’ancien président, revenu dans le cabinet dès son départ de l’Élysée en 2012, s’occupait personnellement des clients Lagardère, Accor et Bolloré, en raison de sa proximité avec leurs dirigeants. Parmi les autres grandes références de l’entreprise, on trouvait aussi de nombreuses structures dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy : les villes de Levallois et de Puteaux, les groupes Bouygues, Servier, BPCE…

Aujourd’hui, Accor n’a plus de relations d’affaires avec Realyze mais continue d’entretenir des liens avec l’ancien locataire de l’Élysée. Proche de son PDG Sébastien Bazin, Nicolas Sarkozy est entré au conseil d’administration du groupe hôtelier en 2017 et a touché, à ce titre, 68 069 euros en 2022.

En revanche, Realyze continue de travailler pour le groupe Lagardère, entreprise dans laquelle Nicolas Sarkozy est administrateur indépendant depuis 2020, et où il a touché 115 993 euros de jetons de présence en 2023 au titre de 2022. La mention de ce poste n’apparaît pas toujours dans les articles des titres du groupe Lagardère comme ce fut le cas ce week-end avec son interview à la Une du Journal du Dimanche.

Le sexagénaire est aussi administrateur de Lov Group Invest (la holding de Stéphane Courbit), mais aussi consultant chez Corsair, Marietton, Chargeurs, Axian et plus récemment chez Sucden, comme l’avait révélé l’Informé. « Il me donne des contacts, des relais, des conseils, avec un côté sage du village », indique Hassanein Hiridjee, le dirigeant d’Axian cité dans le livre Le Parrain (Éditions du Seuil). De quoi financer l’hôtel particulier de 430 mètres carrés que « Sarko », toujours selon l’ouvrage, se serait offert rue Pierre Guérin dans le 16e arrondissement de Paris en 2020. Prix d’achat estimé selon nos informations : 5 millions d’euros.

Interrogée, la porte-parole de Nicolas Sarkozy nous a renvoyés vers Realyze. Ce dernier, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Les temps sont durs pour le Temps des combats

Entre les conflits internationaux et ses ennuis judiciaires, difficile pour Nicolas Sarkozy de faire une campagne de promotion sereine autour de son dernier ouvrage. Résultat : les ventes de son livre le Temps des combats (Editions Fayard), sorti en août dernier, affichent une performance largement inférieure à celle du précédent. Il s’est écoulé en près de trois mois à 68 000 exemplaires, contre 168 000 copies pour le Temps des tempêtes (Editions de l’Observatoire), auxquels s’ajoute la version Poche (12 600 unités). L’ancien président de la République avait obtenu de son ancien éditeur d’être rémunéré via un pourcentage élevé (20%) sur les ventes, plutôt qu’avec une rémunération minimale garantie (un à valoir), raconte le Parrain. Une stratégie payante uniquement en cas de succès…