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Continuer la lecturePourquoi Safran a préféré zapper le forum des métiers de Sorbonne Université
Face à l’opposition des syndicats et associations étudiantes pro-palestiniennes, le groupe industriel a renoncé à sa participation à l’évènement.
Les syndicats et associations étudiants de Sorbonne Université engagés dans la défense de la Palestine ont obtenu gain de cause : selon nos informations, c’est suite à leur mobilisation que le groupe Safran a renoncé à sa participation au forum des métiers organisé à la faculté des sciences fin novembre sur le campus de Jussieu dans le 5e arrondissement de Paris. Les collectifs - comme le Comité Palestine - dénonçaient l’utilisation de systèmes embarqués de Safran dans les drones de combat utilisés à Gaza et la collaboration de l’industriel avec la société d’armement israélienne Elbit systems.
« L’objectif de notre participation était de présenter aux étudiants les parcours de carrières et les opportunités professionnelles. Compte tenu des alertes que nous avions reçues sur des risques de manifestations, le responsable de nos « ambassadeurs » [les collaborateurs chargés de promouvoir l’image du groupe auprès des écoles] a choisi d’annuler leur venue pour éviter des confrontations, fait savoir le groupe à l’Informé. Nos salariés ne sont pas là pour être pris dans des débats géopolitiques. » Les tensions autour de la participation de l’équipementier aéronautique et de défense aux événements organisés par la fac sont devenues prégnantes depuis octobre 2023, après l’attaque du Hamas en Israël et la riposte armée sur Gaza. L’industriel participait jusqu’ici chaque année au forum de Sorbonne université, dont il est l’un des partenaires réguliers (via du mécénat, des bourses, de l’apprentissage…).
Face à la mobilisation, appuyée par plusieurs syndicats (CGT, Sud, Susie…), Frédérique Peronnet, doyenne de la faculté des sciences et ingénierie depuis juin 2024, est sous pression, les partenariats industriels constituant une source de financement pour l’établissement. Outre Safran, l’université compte plusieurs laboratoires en collaboration avec des entreprises comme Thales. Mais depuis plusieurs semaines, le bras de fer entre les associations étudiantes et la direction s’est intensifié sur ce point. En octobre, les collectifs ont demandé l’examen par le conseil d’administration d’une motion dénonçant les partenariats signés avec des entreprises de l’armement et avec des universités israéliennes. Après un refus, s’appuyant sur un avis du collège de déontologie de l’établissement jugeant que ces accords ne peuvent être remis en question pour des raisons politiques, l’université a cependant discuté en séance d’une autre motion, explique l’Université à l’Informé, « entre les élus du Conseil qui ont décidé de façon collégiale » . Celle-ci évoque la situation au Proche-Orient et rappelle « l’importance du respect du droit international, et la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et pérenne pour rétablir la paix dans la région ».
Même épreuve de force à Panthéon Sorbonne, où les collectifs ont également déposé des motions auprès du conseil d’administration avant l’été, sans aboutir. Depuis la rentrée, la mobilisation est encore montée d’un cran. Le centre Pierre-Mendès-France de Tolbiac est bloqué sans discontinuer depuis un mois, tandis que l’Institut de géographie du 5e arrondissement l’est depuis cette semaine. Une nouvelle délégation étudiante pourrait tenter dans les prochains jours de rencontrer à nouveau la direction de l’université pour porter des revendications intermédiaires.