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Finance - Conseil

MeilleurTaux et April lorgnent l’activité de distribution d’épargne de Primonial

Les deux courtiers verraient dans cette acquisition un moyen d’accélérer dans le conseil en gestion de patrimoine. Mais le dossier intéresse grandement les fonds.

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d3sign / Getty Images

À coup sûr, ce sera l’un des dossiers de fusions-acquisitions les plus bataillés de l’été : selon nos informations, une flopée de candidats se pressent actuellement autour de Primonial Ingénierie & Développement (PID), l’activité de distribution de produits d’épargne du groupe de gestion Primonial. Sa mise en vente, révélée par Reuters, attire différentes entreprises de services financiers. À commencer, selon plusieurs sources concordantes, par les courtiers MeilleurTaux et April. Chacun d’entre eux est contrôlé par des fonds de private equity, le premier par Silver Lake depuis 2021, le second par KKR, arrivé depuis quelques mois. « Tous les deux ont amorcé une diversification dans la distribution de produits financiers : April a racheté le réseau de conseil de gestion en patrimoine Magnacarta, tandis que MeilleurTaux a mis la main en 2019 sur la société de conseil en investissement MonFinancier, rappelle un banquier d’affaires. Le rachat de PID leur permettrait d’accélérer le mouvement ». Contacté, April n’a pas souhaité commenter, tandis que MeilleurTaux n’a pas répondu à l’Informé.

Mais rien n’est gagné : si leur intérêt pour le dossier se confirme, April et MeilleurTaux devront certainement croiser le fer avec de nombreux fonds. « On devrait retrouver beaucoup de ceux qui s’étaient penchés sur la prise de contrôle du réseau de CGP Premium un peu plus tôt dans l’année », estime un conseil. BC Partners, CVC, Ardian, Towerbrook, PAI, Cinven ou le fonds de pension canadien Ontario Teachers avaient manifesté leur intérêt pour ce dossier qui n’a pas abouti faute d’offres suffisamment attractives aux yeux des vendeurs (Eurazeo et Montefiore). « Premium est d’une taille plus importante que PID, nuance une partie prenante aux négociations. Mais les fonds spécialisés pour les plus grosses transactions pourraient investir dans ce dernier en vue de l’aider à réaliser dans un deuxième temps des acquisitions nécessitant de réinjecter des capitaux. »

La vente de Primonial Ingénierie & Développement bénéficie d’une préparation millimétrée, les actionnaires de Primonial, principalement Bridgepoint et Latour Capital, ne voulant rien laisser au hasard. Une batterie de conseils s’est mobilisée autour de la banque d’affaires Rothschild & Co - qui pilote la cession - pour réaliser une série d’audits : on parle ici d’EY, d’Alvarez & Marsal ou encore du cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman, a appris l’Informé. Rien n’a été mis de côté pour permettre aux négociations de se tenir selon un calendrier serré : les prétendants au rachat devront remettre leurs offres indicatives début juillet, l’idée étant d’atteindre l’épilogue des pourparlers en fin de mois.

PID regroupe tous les métiers de conseil et de distribution de produits d’épargne de Primonial, pour un Ebitda proche de 40 millions d’euros. L’assurance-vie représenterait la moitié de l’activité devant les placements immobiliers et les produits financiers structurés (segment dans lequel l’entreprise est notamment présente au travers d’UGP, dont elle a pris le contrôle en 2021). En revendant ce périmètre, Primonial continuerait donc à réduire la voilure, le groupe réglant actuellement les derniers détails de la cession de sa filiale la Financière de l’Echiquier à la Banque Postale, attendue au troisième trimestre. Ne resterait alors plus que le pôle immobilier, largement centré autour de la filiale Primonial REIM. Primonial et ses actionnaires tournent ainsi progressivement la page après l’échec de son rapprochement avec Altarea : le promoteur avait brutalement abandonné son projet de rachat en février 2022, invoquant un non-respect de certaines procédures avant la finalisation. Cette décision avait déclenché l’ire de Bridgepoint et de ses co-actionnaires, qui expliquaient plutôt le revirement soudain d’Altarea par le climat d’incertitude économique né de l’éclatement de la guerre en Ukraine.