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Continuer la lectureLe fonds Chequers perd l’un de ses associés-fondateurs
Ce « deal-maker » quitte la société alors qu’elle vient de boucler la levée de son nouveau véhicule de LBO de 1,2 milliard d’euros.
Dans un milieu du private equity traditionnellement discret, Chequers est réputé encore plus secret que la moyenne des investisseurs. C’est donc sans bruit que ce fonds friand d’entreprises BtoB, principalement en France, en Allemagne et en Italie, a perdu l’un des piliers de son état-major, Guillaume Planchon, fin 2024, a appris l’Informé. Ce départ tiendrait à un choix personnel, l’intéressé ayant semble-t-il exprimé il y a environ deux ans la volonté de lever le pied progressivement afin de pouvoir, à terme, se tourner vers d’autres activités. Ce financier de 59 ans se consacrerait aujourd’hui à des investissements comme business angel en Europe et en Asie. Contacté par l’Informé, il n’a pas souhaité commenter ce mouvement.
À son « track-record » chez Chequers : les investissements dans le groupe de salons de coiffure Provalliance (Franck Provost, Jean-Louis David…), le spécialiste de l’aménagement paysager à partir de terres inertes ECT, le fabricant italien de fertilisants Biolchim, ou encore l’expert en certification de logiciels de paiement Fime. Guillaume Planchon était déjà là dans les années 1990, lorsque l’équipe d’investissement n’était alors que la filiale française de Charterhouse, un fonds britannique qui avait déjà pignon sur rue dans l’Hexagone alors que le private equity n’y était encore qu’une classe d’actifs assez jeune. Lorsque cette même équipe a pris son indépendance en 2000 pour donner formellement naissance à Chequers, Guillaume Planchon en est devenu l’un des associés aux côtés de son « père fondateur », Denis Metzger. Cette figure historique du private equity en France - par ailleurs engagée dans l’humanitaire (il a été président d’Action contre la Faim) - avait elle aussi pris du champ à la fin des années 2010 pour devenir « chairman » (président non-exécutif).
De l’époque Charterhouse, il ne reste donc aujourd’hui qu’un seul associé impliqué dans l’opérationnel : Jérôme Kinas, président de la structure. À ses côtés, figurent cinq managing partners : Bertrand Rabiller, Karsten Hartmann, ainsi que les quadragénaires Philippe Guérin, Aurélien Klein et Uwe Gleitz, qui incarnent la nouvelle génération de Chequers.
Cette équipe devra investir le nouveau véhicule maison. En toute discrétion, la société de gestion a en effet procédé au closing final d’un fonds de 1,2 milliard d’euros : la nouvelle est passée quasiment inaperçue, bien qu’elle ait été officialisée par un communiqué publié mi-décembre sur le site Internet de la structure. Si la commercialisation du fonds aura duré presque trois ans, Chequers a réussi atteindre son objectif de collecte, héritant ainsi d’un peu plus d’argent que pour son précédent véhicule (1,1 milliard levé en 2017) - ce qui reste une performance non négligeable dans l’environnement de marché actuel où les investisseurs institutionnels s’engagent avec beaucoup de prudence. Chequers n’a pas attendu de terminer la récolte des financements pour commencer à investir puisque le nouveau fonds a déjà cinq participations, dont l’entreprise française Adenes, qui épaule les assureurs dans la gestion de sinistres.
Selon nos informations, Chequers, qui a la réputation d’avoir développé une base de souscripteurs fournie à l’étranger, a notamment attiré pour son nouveau véhicule des fonds de pension nord-américains (ceux de Washington DC, du Massachusetts…), le gérant de fonds de fonds Pantheon ou l’assureur japonais Nippon Life. Côté français, se trouvent par exemple BNP Paribas, Amundi ou la holding familiale Peugeot Invest. « Chequers a toujours cultivé une image de roc de stabilité en renvoyant aux souscripteurs de ses fonds un peu plus de deux fois ce qu’ils leur avaient apporté au départ, après versement des frais de gestion et du carried interest (NDLR, la commission de surperformance revenant aux gérants si un seuil de rentabilité des investissements est franchi), observe un bon connaisseur du private equity en France. En période d’expansion économique et d’exubérance sur les marchés, cette promesse fait peut-être pâle figure à côté d’autres fonds qui visent trois ou quatre fois la mise. Mais dans des moments de marchés plus tourmentés, ces résultats rassurent et incitent les investisseurs institutionnels et les family office à s’engager. Cela a permis à Chequers de terminer assez fort sa levée de fonds. »