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Finance - Conseil

Assurance : le courtier grossiste Entoria tombe entre les mains de son créancier

Seven2 avait racheté l’ex-Ciprés Assurances pour 400 millions d’euros en 2017. Il est aujourd’hui évincé, faute de pouvoir donner les moyens à sa participation de continuer à croître.

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Le courtier grossiste en assurance santé et prévoyance Entoria sort de l’ornière. Son propriétaire, Seven2, s’est finalement résigné à lâcher le contrôle de sa participation majoritaire au créancier Alcentra, a appris l’Informé. Un coup dur pour le fonds français, qui l’avait racheté à TA Associates 400 millions d’euros en 2017. « C’était l’une des plus grosses participations de Seven2 et la dernière opération de l’associée Monique Cohen, avant que celle-ci ne prenne sa retraite et passe le relais à Thomas Simon », remarque un proche du dossier. « Ils ont accompagné l’entreprise et ses 350 collaborateurs avec un véritable esprit de responsabilité, mais la côte était trop raide », estime un autre. Autre dégât collatéral : la famille Peugeot via Peugeot Invest, qui avait embarqué dans l’aventure en investissant 15 millions d’euros.

Après un transfert d’actions vers Alcentra, une restructuration du bilan s’imposera. Car Entoria est encore assis sur une dette de près 400 millions d’euros, comme l’évoquait l’Informé en janvier dernier, l’équivalent de 12 fois l’Ebitda 2024 (proche de 33 millions). Ce scénario a été choisi, faute de trouver un acquéreur capable d’offrir un prix suffisant. À l’automne 2023, Seven2, par l’intermédiaire de Lazard, avait contacté d’autres groupes du secteur, avant de se focaliser sur la recherche de fonds. Des discussions persistaient ces dernières semaines avec certains d’entre eux, comme BlackFin Capital Partners, l’actionnaire du gestionnaire de contrats santé NoveoCare. Mais l’option Alcentra, qui figure au conseil d’administration d’Entoria, a fini par s’imposer.

Le prêteur anglo saxon, propriété de l’américain Franklin Templeton Investments depuis deux ans, n’est pas connu pour fuire ses responsabilités. En France, il avait tenté de reprendre les clés de l’institut de sondage BVA il y a quatre ans, mais aussi, début 2024, du réseau de crèches People & Baby - actuellement en procédure de sauvegarde accélérée. Ici, la situation d’Entoria s’avère cependant rassurante, après une séquence pour le moins houleuse. En 2017, le groupe avait lancé une offre de prévoyance pour les travailleurs indépendants faisant l’impasse sur la sélection médicale. De quoi faire trembler le marché… Mais cette stratégie voulue par l’ancien dirigeant Laurent Ouazana avait attiré nombre de personnes touchées par des pathologies plus ou moins graves, rompant ainsi la confiance entre le courtier grossiste et ses partenaires, les assurances et les courtiers indépendants. Pour couronner le tout, le grossiste avait peiné à intégrer son confrère Axelliance, qui lui avait permis de doubler de taille en 2018.

Sous la houlette de l’ancien directeur général délégué de Gan Fabrice Jollois, arrivé en janvier 2021, Entoria a redressé la barre. L’Ebitda a de nouveau franchi la barre des 30 millions d’euros depuis l’an dernier, sous l’effet d’une croissance organique continue. À son point bas, le groupe ne travaillait plus qu’avec un millier de courtiers, contre 3 000 au moment du mariage entre Ciprès (2 500) et Axelliance (500). Depuis, il compte près de 2 000 courtiers et en regagne près de 300 par an.