L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureGare routière de Bercy : deux emplacements envisagés pour la remplacer
Tous les trajets de Flixbus ou BlaBlaCar depuis Paris partent aujourd’hui du site du 12e arrondissement. Trop chargé et vétuste, il sera bientôt fermé.
Le 7 septembre dernier, la sortie d’Emmanuel Grégoire avait fait son petit effet : le premier adjoint à la maire de Paris et élu (PS) du 12e arrondissement annonçait, après les Jeux Olympiques de Paris 2024, la fermeture de l’unique gare parisienne d’autocars longue distance, installée dans le quartier de Bercy, sur ses terres. La raison ? Un sous-investissement et des problèmes de sécurité à ses abords, dopés par un trafic en forte hausse depuis la loi Macron de 2015, avec 5,8 millions de voyageurs par an. Reste maintenant à trouver aux Flixbus et autres BlaBlaCar un autre point de départ (et d’arrivée). Selon nos informations, deux sites devraient être combinés : c’est le schéma qui ressort de la réunion tenue il y a quelques jours à l’Hôtel de Ville entre les acteurs de ce dossier.
Pour remplacer la gare de Bercy, élus et opérateurs se sont finalement accordés pour travailler « ensemble » à un dispositif. Il prévoirait un site au nord de Paris et un autre dans la capitale. Au nord, c’est le site du quartier Pleyel à Saint-Denis (93), déjà évoqué dans le Parisien, qui tient la corde. Futur site du village olympique, il bénéficie d’une proximité idéale avec la plus grande gare du Grand Paris qui mettra en correspondance quatre lignes du nouveau métro (14, 15, 16, 17) avec la ligne 13. Plus proche de Paris que le Stade de France, elle est aussi voisine du RER et de l’A86. Le maire dyonisien Mathieu Hanotin (PS) n’y serait pas opposé mais « exige des garanties pour que le parcours des autocars ne traverse pas le centre-ville de Saint-Denis », indique un participant à la réunion. BlaBlaCar et Flixbus, principaux opérateurs des services librement organisés (SLO) de voyageurs cars longue-distance qui interviennent à Paris Bercy, assurent s’employer déjà à éviter les centres-villes pour rejoindre les gares routières. « Il y a moyen de s’entendre », juge un participant.
Un second site plus au sud est aussi apparu rapidement nécessaire. « Il faut une deuxième gare pour répartir la charge et désengorger le point d’arrivée principal au Nord, explique un proche du dossier. Il est aussi indispensable d’absorber le trafic issu du sud de la France sans que les autocars soient contraints d’effectuer 30 à 45 minutes supplémentaires autour de la capitale, ce qui augmenterait à la fois les embouteillages et la pollution à l’intérieur de la zone à faibles émissions (ZFE) parisienne ». Emmanuel Grégoire a indiqué lors du dernier Conseil de Paris que la Mairie « devait participer à l’effort » . Il n’est, en fait, pas opposé à accueillir sur le périmètre parisien une nouvelle gare routière. Plusieurs sites sont aujourd’hui à l’étude, notamment l’ancienne gare routière Pershing (17e), fermée depuis le début des travaux de la Porte Maillot. Certains plaident pour trouver un emplacement plus au sud, aux abords du Parc des expositions de la porte de Versailles (15e).
« Ce sont les pistes de travail qui sont privilégiées, affirme-t-on dans l’équipe municipale. Elles devront être affinées et validées par le groupe de travail qui se met en place en ce moment. » Piloté par un représentant de l’Autorité de régulation des transports, ce groupe compte par ailleurs des représentants de la Mairie de Paris, de BlablaCar et de Flixbus. « Il s’agit aussi d’impliquer la Région et son autorité organisatrice des mobilités, IDFM, indique un participant à la réunion. L’Hôtel de ville souhaite partager le fardeau du transport de voyageurs en cars longue distance. » Même si la loi ne confère pas à la Région de responsabilités sur le sujet.
Dans un climat désormais apaisé, l’objectif est d’aboutir à un accord rapide Il faut aller vite car la délégation de service public, opérée par la Saemes, une société d’économie mixte d’exploitation de parkings dont la Ville est actionnaire à 50,1 %, se termine fin 2026. Et des travaux d’aménagement sur les sites choisis ainsi que des autorisations de transport pour les opérateurs seront nécessaires avant l’ouverture des nouveaux services. « Le pilotage par l’ART permet d’éviter que le sujet devienne un enjeu politique, croit un participant. Si les débats avancent correctement, une fermeture de Bercy pourrait intervenir dès fin 2025. » Une première réunion du groupe de travail est prévue avant la fin de l’année.