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Continuer la lectureDéfense : Thales tourne autour du fabricant de drones Delair
Sur le devant de la scène depuis le début de la guerre en Ukraine, cette PME toulousaine a déjà livré des centaines d’engins kamikazes à l’armée française.
Qui pour financer l’effort de guerre réclamé par Emmanuel Macron ? Éric Lombard et Sébastien Lecornu ont convoqué le 20 mars prochain les grands investisseurs pour tenter de mobiliser l’épargne privée vers l’industrie de l’armement, comme révélé ce jour par L’Agefi. Mais les industriels n’ont pas attendu le réveil des institutionnels pour répondre à cet enjeu majeur de souveraineté. Depuis l’an dernier, le fabricant de drones Delair s’est mis en quête de lever au moins 30 millions d’euros pour faire face à la montée en charge de ses lignes de production, a appris l’Informé. À ce titre, de nombreux contacts ont été établis avec des fonds d’investissement et des family offices.
« La direction, emmenée par le CEO Bastien Mancini, pousse fortement pour que le futur actionnaire soit un fonds et non un industriel, évoque une source proche du dossier. Trois investisseurs ont déjà remis une offre. » Contacté, le dirigeant confirme que ce projet était bien sur la table en 2024 mais assure qu’il ne serait plus d’actualité. « L’explosion de notre carnet de commandes nous a permis de nous financer autrement », souffle-t-il. Le mandat que Delair a confié à la banque d’affaires Oaklins ne serait pour autant pas éteint, a-t-on appris. Plusieurs industriels regardent le dossier, à l’instar de Thales - ce dernier évoquant « ne pas commenter les rumeurs de marchés. »
Le géant tricolore, dont le cours de l’action a bondi de plus de 65 % au cours des six derniers mois, cherche à se renforcer sur ce segment de marché. Il produit déjà le drone de reconnaissance SpyRanger et son pendant tactique pour le renseignement militaire, le Whatchkeeper. De son côté, Delair s’est bâti une solide réputation avec des drones destinés à la surveillance des frontières, à la reconnaissance, au renseignement et aux forces d’opérations spéciales. En 2024, il a affiché un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros (contre un peu plus de 10 millions un an plus tôt) et se révèle rentable, contrairement à nombre de ses petits concurrents.
L’une des particularités de Delair ? La fabrication de « munitions télé-opérées », un jargon policé pour évoquer les drones kamikazes. L’an dernier, le ministre des Armées a passé une commande de 2 000 de ces armes de conception française pour notamment répondre à l’urgence ukrainienne. « Les drones kamikazes sont absolument fondamentaux dans la conduite des opérations (...) en complément du canon Caesar en matière d’artillerie », assurait Sébastien Lecornu il y a un an. La commande a été passée auprès de deux consortiums, dont celui formé par Delair et l’expert en explosifs Nexter (KNDS).
Le management de Delair étant toutefois réticent à se fondre dans un ensemble aussi important que celui de Thales, d’autres contacts avec des groupes de plus petites envergures auraient actuellement lieu. Mais à ce stade, rien ne serait encore acté.