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Continuer la lectureLa banque d’affaires de Barclays perd encore une pointure de son bureau parisien
Ce départ s’ajoute à de nombreux autres au sein de l’activité M&A de la société.
Si ni la société ni l’intéressé n’ont souhaité commenter notre information, un nouveau banquier d’affaires chevronné fait ses valises chez Barclays a appris l’Informé. De nationalité néerlandaise, âgé de 59 ans et officiant dans la maison depuis près de quatre ans, Christian de Haaij quitte la maison. Ce ténor des fusions-acquisitions qui partageait son temps entre Paris et Bruxelles, était vice-président des activités de banques d’investissement pour l’Europe de Barclays et bénéficiait du titre de « managing director ».
Christian de Haaij jouit d’une longue expérience dans de grandes banques américaines. Après quelques années chez Citigroup, il a rejoint Goldman Sachs en 2000. Il y a passé dix-sept ans, jusqu’à en devenir le co-responsable de la banque d’investissement en France et en Belgique. Il y a conseillé des grands groupes comme Pernod Ricard ou Unibail, et a été l’un des artisans du rapprochement en 2008 entre InBev et Anheuser-Busch, qui donnera naissance au géant de la bière AB Inbev. D’ailleurs, lorsqu’il quitte Goldman Sachs en 2017 pour aller travailler dans le private equity, il ne choisira pas n’importe quelle destination. Il rallie Cobepa, holding d’investissement contrôlée par la famille De Spoelberch… actionnaire de référence d’AB Inbev. Mais la reconversion de Christian de Haaij dans l’investissement tournera court, et finira par se solder par un retour dans la banque d’affaires, chez Barclays donc.
Au sein de la banque britannique, ce départ s’ajoute à d’autres mouvements enregistrés par les équipes parisiennes de M&A. Il y a un an, la banque avait perdu l’un de ses deux responsables en France, Yann Krychowski. Ce spécialiste des fusions-acquisitions dans la banque-assurance et les services financiers avait rejoint le bureau parisien de Centerview Partners, aux côtés de Matthieu Pigasse. Son départ avait eu pour effet de laisser Ghislain de Brondeau seul aux manettes à Paris. Un autre « managing director » expérimenté, Gilles Richard, a lui aussi discrètement plié bagages il y a quelques mois : il officie aujourd’hui comme senior advisor de la boutique de conseil en « fusacqs » Barber Hauler, où il côtoie notamment Jean-Pierre Jouyet, l’ex-patron de l’AMF et DG de la Caisse des Dépôts.
Barclays a encore indiqué cet été qu’elle envisageait sérieusement de transférer de Dublin à Paris le siège social de ses activités européennes. Environ 350 personnes évoluent aujourd’hui dans la capitale française, dans les métiers de financement et d’investissement - Barclays s’était séparé de sa banque de détail en 2017. Les signaux sont paradoxaux. D’un côté, le groupe envisagerait toujours de porter les effectifs parisiens à 500 collaborateurs et vient d’annoncer toute une série de recrutements de banquiers senior dans le conseil en fusions-acquisitions à New York. De l’autre, il a aussi laissé entendre qu’il comptait réduire ses coûts, dans un contexte de pression sur ses marges. De fait, sa banque d’investissement n’est pas à la fête, avec des revenus en baisse depuis le début de l’année.