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Continuer la lectureLe plan de Yamaha pour relancer sa production de vélos électriques en France
Dans son usine de l’Aisne, le constructeur nippon va installer une nouvelle ligne capable de produire 600 000 moteurs par an et relancer la commercialisation de vélos électriques Yamaha en Europe. Les premiers modèles sont attendus dès janvier 2024.
Yamaha confirme ses ambitions dans le vélo électrique. Alors qu’en septembre dernier, le constructeur nippon a annoncé vouloir fabriquer, en France, les moteurs PW-S2 pour équiper sa gamme de bicyclettes sur le Vieux Continent, L’Informé en a appris davantage sur ce projet de développement. Les premiers modèles sortiront de production dès janvier 2024, selon nos informations. « Nous allons investir 5 millions d’euros dans une ligne dédiée, sur le site de Saint-Quentin (Aisne), nous précise Éric de Seynes, président de Yamaha Motor Europe. Nous avons réussi à limiter ce montant en installant les équipements dans un bâtiment déjà existant, qui réunira toutes les activités dédiées à l’électrification ». La première année, le groupe table sur la fabrication de 150 000 moteurs avant une importante montée en puissance, la ligne présentant une capacité de production de 600 000 unités par an. Dans un premier temps, le groupe prévoit 35 créations d’emplois sur le site MBK Industrie de Saint-Quentin, mais les effectifs devraient rapidement augmenter.
Avec ce projet, le constructeur japonais souhaite sécuriser sa production de bicyclettes en Europe, alors que les ventes de vélos électriques explosent et que les difficultés logistiques se multiplient au niveau mondial. Les moteurs d’assistance électrique seront dans un premier temps installés sur des modèles d’une puissance inférieure à 250 W et d’une vitesse limitée à 25 km/h. Une fois l’activité établie, ils équiperont aussi des vélos plus rapides pouvant atteindre 45 km/h. Le site de Saint-Quentin accueillera par ailleurs une unité chargée de modifier les scooters électriques exploités en location et en flotte partagée. Un partenariat a été conclu en 2020 avec le service de partage de scooters 100 % électriques Troopy, qui a lancé à Paris près de 1500 exemplaires de deux-roues équivalents 50 cc. Un test est en cours pour déployer le tout nouveau E01, premier scooter électrique Yamaha avec une motorisation équivalente à 125 cc.
La mise en production tricolore sera précédée, dès le mois de février prochain, par la commercialisation en Europe d’une gamme de vélos électriques made in Asie. Trois modèles seront vendus sous la marque Yamaha : le Crosscore RC conçu pour un usage au quotidien en ville, le Wabash RT pour la route et le vélo tout-terrain Moro-07. La marque japonaise effectuera en fait son retour sur le segment de la e-bike car « on l’ignore souvent mais Yamaha a été en 1993 l’inventeur du vélo à assistance électrique », rappelle le patron Éric de Seynes, par ailleurs président du conseil de surveillance d’Hermès (en tant que membre de la sixième génération des fondateurs du maroquinier de luxe). La tentative de Yamaha s’était soldée par un échec commercial cuisant et l’arrêt des ventes en 2001. Après ce fiasco, le constructeur japonais s’était rabattu sur la vente de son système d’assistance électrique pour d’autres fabricants (Winora, Babboe, Gitane).
Espérons pour le site de Saint-Quentin que ce nouvel essai sera le bon. L’ex-usine Motobécane compte aujourd’hui environ 500 CDI et 200 intérimaires. Reprise entièrement par Yamaha en 1986, elle avait jusqu’ici été le centre de production européen du scooter MBK Booster, un best-seller commercialisé à plus d’un million d’exemplaires dans les années 1990. Elle fabrique actuellement les scooters de la gamme XMax et certains modèles de motos, comme la Ténéré 700. Outre l’assemblage des composants, les cadres et la plasturgie des deux-roues sont produits sur place. Plus de 80 000 exemplaires sont sortis de l’usine en 2022.