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Transports - Auto

HysetCo veut lever 150 millions d’euros pour étendre son réseau de stations à hydrogène

Egalement à la tête d’une flotte de taxis à hydrogène, le groupe est déjà épaulé par des industriels comme Air Liquide, TotalEnergies et Toyota.

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CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Développer la mobilité hydrogène dans toutes les grandes villes de France, telle est l’ambition de HysetCo. Cette start-up pionnière d’un secteur naissant entend ainsi faire pousser ses bornes grand public dans les stations-service et multiplier les taxis à hydrogène, en commençant par la région parisienne. Un projet coûteux  qui l’amène à préparer une levée de fonds de 150 millions d’euros, a appris l’Informé. Pour mener à bien cette opération, la jeune pousse tricolore a confié un mandat à la banque d’affaires Natixis Partners. Objectif : attirer un nouvel actionnaire de référence ou un pool d’investisseurs. La levée prendrait majoritairement la forme d’une augmentation de capital, signe d’une dilution potentielle des principaux partenaires financiers actuels : Air Liquide, TotalEnergies, le fonds Kouros et Toyota, par ordre décroissant.

Il y a deux ans, HysetCo avait déjà obtenu une enveloppe de près de 100 millions d’euros auprès de Mirova, Rgreen Invest, Raise Impact et Eiffel Investment Group. Les deux premiers avaient confié à la start-up une dette senior, qui arrive à maturité en 2024. Une partie de l’opération devrait donc servir à la refinancer. Quant aux deux autres, leur investissement avait pris la forme d’une dette junior sans maturité proche. L’éventualité de les voir réinvestir n’est pas exclue, seuls ou au sein d’un consortium. « Air Liquide, TotalEnergies et Toyota n’ont en revanche pas vocation à remettre au pot. Les investisseurs financiers sont privilégiés », estime un proche du dossier.

Vers une trentaine de bornes en Ile-de-France

HysetCo détient le premier réseau privé de stations de recharge d’hydrogène, avec à ce jour quatre sites ouverts à Paris, aux portes de la Chapelle et de Saint-Cloud, et aux aéroports d’Orly et de Roissy. Avec cette levée de fonds, l’objectif serait de porter ce nombre à une trentaine de bornes en Ile-de-France d’ici 2025. Elles seront accessibles à tous les véhicules (voitures, bus, camions) de particuliers, entreprises ou collectivités. TotalEnergies mettra son réseau de stations-services à disposition de la jeune pousse pour contribuer à son expansion. Les stations seront alimentées par de l’hydrogène « vert » produit localement : vingt sites environ seront même capables de sortir chacun une tonne de cette énergie chaque jour.

A ce jour, l’essentiel des véhicules à hydrogène sont des utilitaires. Dans l’Hexagone, Renault avait lancé le mouvement avec un modèle de Kangoo, dès 2014, et a récemment signé un partenariat avec le belge Punch pour intégrer la technologie dans de futurs modèles. Chez Stellantis, la fabrication d’utilitaires légers à hydrogène est prévue en 2024 sur le site d’Hordain, dans le Nord.

Hype, ancien partenaire de HysetCo, aujourd’hui concurrent

La lune de miel entre HysetCo et Hype est belle est bien révolue. A la tête de la première flotte de taxis à hydrogène de France, Hype a en effet décidé de couper discrètement ses liens commerciaux et capitalistiques avec la co-entreprise d’Air Liquide, TotalEnergies et Toyota, l’an dernier. Hype est ainsi devenue une concurrente directe, avec la volonté de créer son propre réseau de bornes de recharge. Une première station hydrogène est sortie de terre à Issy-les-Moulineaux en 2022. Et pour tenter de prendre de vitesse son ancien partenaire, elle a signé en début d’année avec Vinci Concessions, qui lui a apporté 15 millions d’euros. En parallèle, un partenariat exclusif a été noué avec Vinci Energies pour la construction d’une petite trentaine de stations de production et de distribution d’hydrogène en Ile-de-France. Hype entend viser le reste de la France et l’international dans un deuxième temps.