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Campus Cyber : les candidats en piste pour succéder au PDG Michel Van Den Berghe

Ses fonctions seront scindées au profit d’un tandem président - DG. L’organisme qui rassemble 137 partenaires (Orange, Bull, Safran, SNCF…) est une vitrine de la cybersécurité française.

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ERIC BERACASSAT / Hans Lucas via AFP

Le Campus Cyber va avoir droit à une mise à jour. Une version 2.0. Ce lieu totem voulu par Emmanuel Macron rassemble les acteurs français privés et publics de la sécurité numérique. Lancée et dirigée depuis ses origines en 2020 par Michel Van Den Bergh, venu d’Orange Cyberdéfense, la structure devrait changer son mode de gouvernance a appris l’Informé. Lors d’un conseil d’administration prévu ce lundi après-midi, les fonctions de PDG doivent être scindées et confiées à un(e) président(e) d’un côté et un directeur(trice) général(e) de l’autre. Michel Van Den Bergh, qui devait normalement partir aujourd’hui, assurera finalement l’intérim jusqu’à fin janvier au moins. D’ici là, un comité de sélection va être constitué afin de recevoir les candidatures et choisir un profil qui sera soumis ensuite au vote du conseil en début d’année prochaine. Une fois validé, ce président nommera à son tour un directeur général qui devra être adoubé par l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi). Ce changement de gouvernance était suivi de près par la secrétaire d’État chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Clara Chappaz, mais celle-ci est démissionnaire depuis la censure du gouvernement Barnier la semaine passée.

Le choix de ce duo n’est pas chose aisée tant l’actionnariat du Campus Cyber est complexe : sa direction doit refléter cette diversité en satisfaisant toutes les parties. Situé dans le quartier de la Défense, il ne compte pas moins de 137 actionnaires venant du privé (comme Orange, Bull, Safran, Thales, Hermès…) mais aussi du public (SNCF, La Poste, FDJ…). La tour de verre Eria rassemble aussi la gendarmerie, la sécurité intérieure et extérieure, les armées et le monde de la recherche (CEA, CNRS…). Et c’est bien l’État l’acteur le plus influent, avec autour de 40 % des parts.

Pour assurer la nouvelle phase, plusieurs noms circulent déjà parmi lesquels Guillaume Poupard, ancien dirigeant de l’Anssi, aujourd’hui directeur général adjoint chez Docaposte, filiale numérique de la Poste. « La rumeur me donne régulièrement partant mais c’est faux, je suis bien où je suis et je n’ai pas de raisons d’en partir, nous précise-t-il. Je suis avec attention ce qui se passe au Campus et avec le départ de Michel Van Den Berghe, c’est une vraie page qui se tourne… » L’actuel DG délégué du lieu, Yann Bonnet, serait également sur les rangs. Contacté, il n’a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, Jean-Luc Gibernon, directeur du développement chez Sopra Steria et administrateur du Campus, envisage de se porter candidat en binôme avec Luména Duluc, ex-directrice du Clusif (association française de la cybersécurité). « Il est un peu trop tôt pour en parler, souligne Gibernon. L’important est d’avoir des dirigeants qui portent les intérêts de tout l’écosystème. Les fondamentaux sont bons et l’équipe en place fait un excellent travail. »

D’autres anciens hauts responsables chez Orange seraient aussi en lice comme Thierry Bonhomme, ex-conseiller du PDG de l’opérateur aujourd’hui devenu consultant, et David Lacombled, précédemment directeur délégué à la stratégie des contenus d’Orange et désormais président du think tank la Villa Numeris. Le premier n’a pas répondu à nos sollicitations tandis que le second n’a pas souhaité faire de commentaire. Le processus de recrutement n’a pas encore débuté et d’autres profils devraient apparaître rapidement. Une chose est certaine, le duo retenu devra se pencher sur deux sujets. Le renforcement des liens entre les résidents du Campus dans la tour Eria d’abord. Une meilleure définition de la place de cet écosystème cyber et de ses axes de développement ensuite. Plus de 120 délégations étrangères sont déjà venues visiter ce lieu emblématique. L’objectif est donc d’assurer sa pérennité et de convaincre les locataires de rester à la fin de leurs baux. Avec un taux d’occupation de l’ordre de 85 % sur 26 000 mètres carrés, la tour Eria fait figure d’exception dans le quartier de la Défense de plus en plus déserté depuis la crise du Covid et le développement du télétravail.