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Continuer la lecture3,2 milliards d’euros : le nouveau dividende record de la famille Arnault grâce à LVMH
Malgré une année 2025 compliquée, le groupe de luxe a choisi de maintenir le même niveau de redistribution par action. Mais Bernard Arnault et sa famille vont toucher plus que l’an dernier car ils se sont renforcés au capital.
D’ordinaire discrète, Hélène Mercier-Arnault a fait sensation au micro de RTL le 23 février dernier. Interviewée par Marc-Olivier Fogiel, l’épouse de Bernard Arnault, patron de LVMH et huitième homme le plus riche du monde selon Forbes, a lâché tout de go : « La fortune, je ne pense pas à ça. Ça ne m...
Ce jour-là, la pianiste émérite, en pleine promotion de son prochain album réalisé avec le violoniste Daniel Lozakovich, Lost to the world, avait-elle une idée du montant record de dividendes que sa famille va toucher cette année ? Malgré un exercice 2025 compliqué par des taxes sur les alcools en Chine et aux États-Unis et les dépréciations du dollar et du renminbi, son mari s’est félicité des performances de LVMH en janvier dernier : « Les résultats du groupe sont solides dans un climat économiquement plutôt difficile et perturbé du point de vue géopolitique, mais nous avons réussi à traverser cette période. Et 2026 ne sera pas simple non plus. »
Même si le chiffre d’affaires est en baisse de 5 % à 80,8 milliards d’euros, et le bénéfice net en chute de 13 % à 10,9 milliards d’euros, le géant du luxe a décidé de verser à ses actionnaires le même dividende qu’en 2024 et 2023, soit 13 euros par titre. « La politique (...) du groupe est de maintenir un dividende à un niveau stable lorsque nous sommes confrontés à des moments difficiles », a expliqué le PDG. Un premier acompte de 5,50 euros a été versé en décembre et le solde sera touché le 28 avril. Une bonne nouvelle pour les petits porteurs… mais surtout pour les Arnault : à eux seuls, ils percevront au total 3,22 milliards d’euros, 1 % de plus qu’en 2024 (3,18 milliards d’euros). Car les holdings détenues par le clan se sont renforcées au capital du groupe de luxe, en passant de 49 % à 49,77 % fin 2025 et même 50,01 % à la fin février 2026.
Il faut noter que ces dividendes vont partir essentiellement dans les caisses de ces holdings, et pas directement dans les poches de Bernard Arnault et de ses enfants, ce qui permet de minimiser l’impôt à payer comme l’avait détaillé l’Informé. La principale structure est Agache SCA, dont l’associé commandité est la société Agache Commandité. Cette dernière a pour actionnaires les cinq héritiers de la famille Arnault (leurs parts étant non cessibles) dont le fils aîné, Antoine, qui en a pris la présidence en 2025. Le magot s’amasse dans ces différentes entités car elles ne versent presque jamais de dividendes : en trois ans, elles ont accumulé 9,57 milliards d’euros.
Cette complexité sous la forme de poupées gigognes est en cours de simplification. En fin d’année, comme l’a révélé Glitz, Agache a absorbé la société luxembourgeoise Sophiz. Cette dernière avait déjà absorbé une autre holding immatriculée au grand-duché, Delcia, qui a elle-même fusionné avec une autre structure luxembourgeoise Ophydis et une entité belge, Belholding Belgium, elle-même actionnaire d’Agache. Selon l’ouvrage d’Airy Routier, l’Ange exterminateur, la vraie vie de Bernard Arnault (Éditions Albin Michel), sorti en 2003, Sophiz avait servi à faire sortir de la holding de tête de LVMH le Consortium de réalisation (CDR), la société chargée de liquider les actifs du Crédit lyonnais pour éviter la faillite de l’établissement.
Contacté, le groupe de luxe n’a pas souhaité faire de commentaire.