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Finance - Conseil

Montefiore, l’actionnaire d’Isabel Marant et de Voyageurs du Monde, lève deux nouveaux fonds

Complémentaires, ces structures de private equity cibleront des entreprises de tailles différentes. L’une vise une force de frappe au-delà du milliard d’euros, l’autre plusieurs centaines de millions.

Défilé de mode Isabel Marant, société dont Montefiore contrôle 50 % du capital.
Défilé de mode Isabel Marant, société dont Montefiore contrôle 50 % du capital. EMMANUEL DUNAND / AFP

Voyageurs du Monde, Isabel Marant ou le producteur de séries Federation Entertainment (Le Bureau des Légendes, En Thérapie…) font partie de ses participations. B & B Hotels, Interflora ou l’éditeur de jeux Asmodée (Time’s Up, Jungle Speed…) en ont aussi été un jour. Montefiore, un acteur du private equity que l’on retrouve au capital de marques connues du public, est en plein « roadshow » pour trouver de quoi financer ses prochains deals. Et, selon nos informations, il est en train de commercialiser non pas un, mais deux fonds d’investissement. Les véhicules sont amenés à se compléter : ils s’adresseront à des entreprises de tailles différentes, avec une équipe de gestion commune. « Montefiore veut à la fois se donner les moyens de faire des opérations de plus en plus grosses, sans renier son intérêt pour les PME, un public auprès duquel il a construit son succès », observe un investisseur. Contactée par l’Informé, la société de gestion ne veut rien commenter.

L’un des deux véhicules, Montefiore Investments VI, chercherait une enveloppe significative, bien supérieure au milliard d’euros. En 2020, juste avant la crise sanitaire, le précédent véhicule (Montefiore Investment V) avait réuni 850 millions d’euros. Ses moyens étaient même légèrement supérieurs, vu qu’il pouvait compter une poche de co-investissement de 150 millions apportée en parallèle par les souscripteurs. Le second véhicule en phase de commercialisation, lui, cherche plusieurs centaines de millions d’euros - une source évoque un objectif de 400 millions d’euros - et a été enregistré sous le nom de Montefiore Investment Expansion. Il s’intéressera aux sociétés les plus petites, comme celles que visait Montefiore il y a une dizaine d’années, avant de monter en puissance.

La société de gestion a décidé de convaincre ses souscripteurs de participer aux deux levées. Avec un certain succès : un gros fonds de pension californien, le Los Angeles County Employees Retirement Association (Lacera), s’est par exemple engagé à investir 100 millions d’euros dans Montefiore Investment VI et 50 millions dans l’autre entité. Pour rappel, dans le private equity, les gestionnaires récoltent des capitaux auprès d’institutionnels (assureurs, fonds de pension…) ou de fortunes familiales au travers de véhicules d’une durée de vie de dix ans qui deviennent eux-mêmes actionnaires d’entreprises non cotées en Bourse. Les gérants s’efforcent de céder les participations avec une plus-value à la clé, et retournent ensuite l’argent aux souscripteurs des fonds, empochant au passage une commission de surperformance. La stratégie de la double levée de fonds de Montefiore s’avère donc assez audacieuse dans un marché où les négociations avec les souscripteurs prennent plus de temps, compte tenu des incertitudes économiques.

Créée en 2005 sous l’égide de deux anciens du BCG, Eric Bismuth et Daniel Elalouf,  toujours à la manœuvre, Montefiore espère totaliser 4 milliards d’euros d’encours l’an prochain. Depuis ses débuts, la firme de gestion affectionne les entreprises en prise directe avec les consommateurs. Dans le private equity français, elle est même considérée comme l’une des grandes spécialistes du tourisme. Ce n’est pas un hasard si, fin 2020, elle a hérité de la gestion d’un fonds de place de 170 millions d’euros développé par la Caisse des dépôts et des assureurs pour participer à la relance du secteur après la crise sanitaire. C’est au travers de ce véhicule que Montefiore a par exemple investi dans le redressement de Pierre & Vacances l’an passé. Mais le gestionnaire s’intéresse à beaucoup de thématiques, et s’aventure dans le B-to-B. On peut trouver dans son portefeuille des entreprises de BTP comme NGE (14 000 salariés), l’installateur de réseaux Sade Telecom, le conseil en transformation numérique des entreprises European Digital Group (qui se prépare à un nouveau LBO, comme l’a révélé Mergermarket)... L’investisseur, qui a récemment mis un pied en Italie, regroupe une quarantaine de personnes, sans compter une poignée de « senior advisors » de choix comme Martin Vial, l’ancien directeur de l’Agence des participations de l’État, Alain Bénichou, ex-patron d’IBM France ou l’ancien dirigeant d’Accor Jean-Marc Espalioux, qui a été associé de Montefiore pendant des années avant de prendre du recul.