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Finance - Conseil

Le fabricant de bouteilles en verre Saverglass a reçu cinq offres de rachat

Ces premières propositions, qui émanent de fonds et d’industriels, pourraient décevoir son actionnaire Carlyle.

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CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Carlyle ira-t-il au bout de la cession de Saverglass ? Après un premier abandon début 2022, le puissant investisseur américain reste en tout cas convaincu de la qualité de son actif et le projet de vente, révélé dans nos colonnes il y a deux mois, suit son cours. Selon nos informations, l’enchère organisée par Rothschild & Co a permis de sélectionner cinq offres, dont trois fonds de private equity : les américains Apollo et One Rock Capital Partners (qui dispose d’un bureau à Londres depuis le début de l’année), ainsi que le britannique ICG, allié pour l’occasion à Cap10 Partners.

Le conglomérat brésilien Votorantim est aussi de la partie. Détenteur de participations dans les matériaux de construction, la finance, l’aluminium, les énergies renouvelables ou bien encore les fonderies, ce dernier est notamment intéressé par la présence de Saverglass sur le continent américain. Le groupe picard a en effet récemment achevé la construction d’un deuxième four dans son usine mexicaine. Une extension qui a nécessité 110 millions d’euros d’investissements et pourrait générer à elle seule un surplus d’Ebitda de 25 millions d’euros… pour porter cet agrégat à 170 millions d’euros en 2023. Plus tôt dans l’enchère, le nom du family office Safra avait aussi été évoqué. Méconnue dans l’Hexagone, cette famille brésilo-libanaise tient sa fortune de ses activités dans le secteur bancaire. Elle a récemment fait parler d’elle dans les colonnes de L’Orient Today, en raison d’un différend intrafamilial lié à la répartition de la succession, après le décès du milliardaire Joseph Safra. « Ils n’iront pas seuls. En revanche, il n’est pas exclu qu’ils soient invités en minoritaire aux côtés de Votorantim », précise un banquier.

Dernier candidat en lice, et non des moindres, l’australien Orora. Coté à la Bourse de Melbourne, cet industriel affiche plus de 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour environ 10 % de marge d’Ebitda. Les trois quarts de ses revenus proviennent de l’activité de packaging, en croissance de près de 18 % l’an dernier. Mettre la main sur Saverglass lui permettrait de franchir un nouveau cap. Car l’industriel français, qui compte près de 4 000 collaborateurs dans le monde, a fortement grossi au cours des dernières années. En 2022, son chiffre d’affaires s’est élevé à 784 millions d’euros, contre 613 millions un an plus tôt. Son Ebitda aurait quant à lui atteint près de 140 millions d’euros. Positionné sur le segment premium, Saverglass n’a eu aucun mal à faire passer des hausses de prix à ses clients, après la fièvre inflationniste.

Reste que chacun des candidats reste prudent. « Le niveau de motivation est variable en fonction des bidders. De toute évidence, Carlyle va avoir beaucoup de peine à franchir 1,2 milliard d’euros de valorisation pour sa pépite », estime un proche du dossier. Un avis partagé par plusieurs professionnels du private equity, qui laisse entrevoir une performance en demi-teinte pour la firme d’investissement de Washington. « Pour Carlyle, un deuxième renoncement est difficilement envisageable, note un avocat. Les acquéreurs potentiels en ont bien conscience et essaient d’en tirer profit dans les négociations. » Verdict cet été.