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Transports - Auto

Concurrence dans les bus : les Italiens d’ATM risquent déjà d’affronter leur première grève

L’opérateur ATM, qui exploite les transports publics de Milan, est en conflit avec ses salariés seulement deux mois après avoir récupéré un marché de bus dans les Hauts-de-Seine jusque-là détenu par la RATP.

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LinkedIn / ATM Group - France

Il a suffi de quelques jours pour que le nouveau venu dans le secteur des transports publics en France déclenche son premier conflit social. ATM (Azienda Trasporti Milanesi, l’opérateur du métro et des bus de Milan détenu par la municipalité italienne, a repris, le 1er mars dernier et pour cinq ans, ...

Selon nos informations, un préavis de grève qui court jusqu’en juillet a été déposé le 10 avril dernier par le Syndicat national des transports urbains (SNTU)-CFDT. « Le dialogue est rompu. Si rien ne change, un conflit social éclatera dans les prochaines semaines », prévoit une source interne à l’entreprise qui emploie 730 salariés. Ce qui a mis le feu aux poudres ? La filiale française du groupe ATM, dirigée par Jean-Arnaud Puig, un ancien de Transdev, a notamment réduit la prise en compte de l’ancienneté dans la grille conventionnelle d’évolution des salaires. « La progression du salaire après un an est de 7 % dans la convention collective, mais ATM a décidé que ce serait seulement 0,5 %, détaille un conducteur. Le nouvel opérateur ne respecte pas les minima conventionnels. »

Au Conseil régional d’Île-de-France, l’Italien avait déjà été pointé, l’année dernière, par des élus d’opposition pour un « recours massif au dumping social, avec une centaine de licenciements à attendre si ATM SPA met en œuvre ce qu’il a écrit dans son offre », selon Céline Malaisé, présidente du groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne. « L’offre d’ATM SPA retenue par Île-de-France Mobilités contient des incohérences qui pourraient constituer une distorsion de concurrence entre les candidats », ajoute l’élue qui annonce avoir saisi l’Autorité de la concurrence.

Autre grief des syndicats, un manque de personnel d’encadrement dans la filiale ATM Croix du Sud qui exploite la DSP. Après le transfert du marché au 1er mars, de nombreux départs ont été enregistrés et certains services, comme la DRH et la paie, se sont retrouvés démunis pour répondre aux salariés. La CFDT pointe notamment l’absence de gestionnaire de paie. D’autres reproches concernent le non-respect des qualifications, la disparition de certaines primes et le manque d’informations pour calculer leur rémunération.

Les représentants syndicaux regrettent aussi la gestion des stocks de pièces de rechange, impactant le travail des équipes de à la maintenance. Ils critiquent par ailleurs le manque de formation des 70 intérimaires qui ont été recrutés au moment du transfert (ils ne seraient plus qu’une quarantaine aujourd’hui). « Il y a eu beaucoup plus d’accidents qu’en temps normal : 65 évènements ont été comptabilisés depuis le 1er mars, dont 27 concernant des obstacles fixes », indique un syndicaliste.

Malgré plusieurs échanges avec la DRH, les réponses n’ont pas satisfait le SNTU-CFDT. Comme l’exige la procédure, le syndicat a adressé une notification de situation conflictuelle à la direction d’ATM France le 1er avril dernier. Et il a déposé ensuite un préavis de grève, le 10 avril. L’opérateur a contesté ce préavis en justice estimant qu’il « constitue un trouble manifestement illicite comme ayant été déposé par une organisation syndicale non représentative au niveau de l’entreprise ».

Mais le tribunal judiciaire de Paris, saisi en référé, l’a débouté dans un jugement rendu fin avril, a appris l’Informé. Les juges ont estimé qu’en l’absence d’organisation représentative, car les élections professionnelles ne se sont pas encore tenues dans la nouvelle société, un préavis de grève pouvait être licitement déposé par un syndicat représentatif de la branche. ATM aurait choisi de ne pas contester ce jugement en appel, selon nos informations.

Avec un préavis désormais validé par la justice, le SNTU-CFDT a entamé des discussions avec ses homologues de la CGT et de FO. Ces trois syndicats pourraient lancer, ces tout prochains jours, un appel à la grève. « Il ne provoquera, dans un premier temps, que de simples arrêts de moins d’une heure, ce qui ne devrait pas bloquer le service, précise un représentant. L’objectif est de rétablir un dialogue social. »

Interrogée, la direction d’ATM France n’a pas souhaité apporter de commentaires.

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