L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureSous la pression des voisins, OVH ferme ses derniers data centers parisiens
Bruyants, peu pratiques, gros consommateurs d’énergie… Les équipements commençaient à dater et horripilaient les riverains
Une page se tourne pour OVHCloud. Le spécialiste du stockage de données achève ces jours-ci le démantèlement de son data center historique : le P19, situé dans le 19e arrondissement de Paris. Acheté à Xavier Niel, propriétaire de Free (et actionnaire de l’Informé), sous forme de crédit-bail, le site sera prochainement revendu. « On espère que dans le futur, ce seront des bureaux normaux, et pas une installation industrielle, tempête une voisine, installée dans la résidence surplombant les locaux. L’été, ça faisait vraiment beaucoup de bruit. En plus des bars sur le canal, c’était invivable. ».
Éparpillés dans plusieurs pièces au rez-de-chaussée et en sous-sol, les serveurs d’OVH n’étaient plus les bienvenus dans le quartier. En cas de forte chaleur, le mécanisme de refroidissement à l’eau des installations, propre à l’hébergeur, ne fonctionnait plus. Le déclenchement de ventilateurs destinés à modérer la hausse des températures faisait alors grimper les décibels - pile quand les riverains rêvaient d’ouvrir leurs fenêtres. Les copropriétaires s’étaient donc plaints du bruit auprès du groupe, mais aussi de la Mairie de Paris.
Un terrain de jeu dépassé
Mais ce tout premier data center maison, créé il y a plus de 20 ans, cumulait bien d’autres défauts. « Le terrain de jeu n’est plus adapté : le fait d’avoir plusieurs petites salles ne permet pas de regrouper des machines et d’en isoler d’autres, explique Grégory Lebourg, directeur environnemental de l’entreprise. Et être en milieu urbain ne permet pas un accès à l’électricité optimal. » Les performances écolos de P19 posaient aussi problème : l’indicateur d’efficacité énergétique (l’énergie consommée rapportée au total de l’énergie utilisée par les équipements informatiques) atteignait 1,80, contre 1,29 en moyenne pour les installations du groupe. La faute à un départ progressif des clients qui entraînait une sous-exploitation des machines. Pour les mêmes raisons, la fermeture d’un autre centre d’hébergement de données, DC1, également situé rue Riquet, est aussi prévu d’ici la fin du mois de décembre.
La migration des clients a été organisée progressivement, notamment vers le site de Clichy de l’opérateur. Dans le futur, pour proposer à ses grands comptes franciliens un stockage optimisé et sécurisé, OVHcloud a sélectionné trois adresses de Data4, Global Switch et Digital Reality à Marcoussis, Clichy et Ferrières-en-Brie. « Pour une offre optimale, il faut que les sites soient distants de plus de 10 km pour des questions de sécurité, sans être trop loin pour une meilleure connectivité entre les points du triangle », explique Gregory Lebourg. Bien que ces centres ne lui appartiennent pas, le groupe français a installé sa technologie de refroidissement à l’eau sur les deux premiers.