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Orange : Sébastien Crozier (CFE-CGC) perd son siège d’administrateur et… ne devrait pas le retrouver

Afin de respecter la directive européenne Women on boards sur la présence des femmes au conseil d’administration, l’opérateur a révoqué les mandats des trois élus du personnel. Et recommande aux actionnaires de ne pas reconduire ce représentant syndical historique de la maison.

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NICOLAS GUYONNET / Hans Lucas via AFP

Coup de tonnerre chez Orange. Le conseil d’administration de l’opérateur télécoms, réuni cet après-midi, a décidé de révoquer les mandats de ses trois administrateurs représentant des salariés (ARS), Pierre Chaussoneaux (CGT), Vincent Gimeno (CFDT) et Sébastien Crozier (CFE-CGC), a appris l’Informé. Le trio a dû se déporter de ce vote car il était directement concerné par son issue.

Comme nous l’avions expliqué, le groupe doit respecter la nouvelle directive européenne Women on boards, qui vise à établir un meilleur équilibre entre les hommes et les femmes parmi les ARS : il a jusqu’au 30 juin pour nommer une administratrice issue des instances syndicales. Comme aucun des trois élus ne souhaitait démissionner de son poste pour laisser sa place à une suppléante, le conseil a pris la décision de révoquer les trois mandats et de recommander aux actionnaires de trancher le sujet lors de l’assemblée générale du 19 mai prochain. Un scénario que les syndicats souhaitaient pourtant éviter, réticents à laisser à des personnes extérieures au groupe le soin de peser sur leur nomination en interne.

La résolution adoptée par le conseil d’administration ce mercredi recommande aux actionnaires de renommer l’unique représentant du collège employé, Pierre Chaussoneaux de la CGT. Et parmi les deux élus du collège cadre - Vincent Gimeno (CFDT) d’un côté et Sébastien Crozier (CFE-CGC) de l’autre -, seul le premier, arrivé en tête des élections de novembre 2025, serait reconduit. Crozier devrait donc céder sa place à sa suppléante, Hélène Marcy. Cette issue, très probable, risque aussi d’être très explosive.

Car l’indéboulonnable président de la CFE-CGC, en poste depuis près de 20 ans, est déjà en guerre avec la nouvelle direction. Il a même, un temps, caressé l’idée d’être président d’Orange. Hypermédiatique, il a pris la parole publiquement pour critiquer la stratégie de la directrice générale, Christel Heydemann. Il lui reproche la réduction des coûts (fermeture d’Orange Bank, restructuration d’Orange Business et cessions d’Orange Cinéma Series ou de Globecast…), sa politique de dividendes jugée trop généreuse ainsi que sa gestion des relations sociales. Sébastien Crozier ne devrait donc pas rester sans réagir. Très procédurier, il avait déjà laissé planer la menace d’un recours juridique ces dernières semaines en cas de perte de son mandat. Interrogé à ce sujet, il ne nous a pas répondu au moment de la publication de l’article. Par ailleurs, il est aussi fragilisé par une enquête interne, toujours en cours, sur des soupçons de conflits d’intérêts et de pratiques frauduleuses.

Pour rappel, la directive européenne Women on boards s’applique au sein des groupes cotés en Bourse de plus de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 millions d’euros. Deux autres groupes sont concernés, Renault et Engie.

Contactés, Orange n’a pas souhaité faire de commentaire tandis que Pierre Chaussoneaux et Vincent Gimeno n’ont pas répondu à nos sollicitations au moment de notre parution.