Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Tech - Télécom

Les dessous de la cyberattaque contre Akadem, le site du Fonds social juif unifié

Cinquante ans après la guerre du Kippour, ce « campus numérique » a été victime d’un rançongiciel. La police est saisie.

Photo
LINO MIRGELER / dpa Picture-Alliance via AFP

« Depuis Yom Kipour, le site Akadem fait face à une attaque massive. Cette agression d’une violence sans précédent a été lancée durant ce jour solennel ; une parfaite maîtrise du calendrier juif qui ne laisse aucun doute sur les motivations de ses auteurs ». C’est par ses quelques mots que le site Internet dédié au judaïsme et à la culture juive explique son indisponibilité depuis la fête du Grand Pardon, la nuit du 25 au 26 septembre.

La cyberattaque contre ce campus numérique survient cinquante ans après la guerre du Kippour. Le site proposait des milliers de contenus (vidéos, conférences, documents…) accumulés depuis près de 20 ans et une équipe tente actuellement de les restaurer. Selon nos informations, l’un des deux hébergeurs a été infecté par le rançongiciel CrYpTeD, un logiciel malveillant qui chiffre les données pour les rendre inaccessibles. Afin de débloquer la situation, les assaillants réclament le paiement d’une rançon contre la remise d’une clef de déchiffrement. « Nous avons bien tenté de les joindre mais personne ne répond, indique Richard Odier, directeur général du Fonds social juif unifié (FSJU) dont dépend Akadem. Cela démontre leur volonté de tout détruire, l’argent n’est donc pas leur motivation principale. » Pour lui, tous ces éléments combinés ne laissent aucun doute sur la dimension politique de ce sabotage. La police a été saisie ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), « par précaution » car le site conserve très peu de données personnelles.

Seule consolation pour les fidèles du portail, de nombreux contenus restent tout de même accessibles sur YouTube, Spotify, Deezer… Akadem propose des grands entretiens avec des personnalités connues comme les auteurs Éliette Abecassis et Ivan Jablonka, les philosophes Catherine Chalier et Julia Christ, la psychanalyste Françoise Atlan ou encore le psychologue Tobie Nathan. Il s’agit désormais de relancer le service dans une nouvelle version et avec un nouvel hébergeur. Mais cela pourrait prendre plusieurs semaines et le référencement du nouvel Akadem sur le moteur de recherche Google prendra beaucoup de temps. « Nous sommes en train d’évaluer le coût de cette attaque alors même que le site est gratuit et ne possède pas de ressources en propre », ajoute Richard Odier.

Selon FranceInfo près de 600 enquêtes ont été ouvertes l’an dernier par le parquet de Paris sur des cyberattaques contre 65 trois ans plus tôt. Parmi elles, plus de la moitié concernait des rançongiciels.

Et ce n’est pas la première fois qu’Akadem est pris pour cible. Il avait déjà dû faire face en avril 2022 à une campagne contre lui sur Facebook. Le réseau social américain avait blacklisté son compte en raison de milliers de plaintes automatisées de robots se plaignant d’apologie du nazisme (croix gammée, photo d’Adolf Hitler…) - en réalité Akadem utilise ce type de contenus dans le cadre de sujets sur la Shoah. « Le ministère de l’Intérieur avait dû intervenir auprès du réseau social pour rétablir notre compte », se souvient Richard Odier.