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Le Quai d’Orsay coupé du monde pendant quatre heures

En raison d’une coupure de courant, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères n’a pas pu communiquer durant plus de quatre heures mercredi dernier. Un black-out inquiétant à quelques mois des JO.

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J-F TRIPELON-JARRY / Only France via AFP

Mercredi 6 mars au matin, des membres du Quai d’Orsay ont eu la surprise de ne pouvoir se connecter à distance au réseau du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, a appris l’Informé. Plus d’accès à Internet, plus de messagerie électronique, le dysfonctionnement était tel qu’il touchait tous les sites (y compris dans le 15e arrondissement). Impossible, même, de badger pour récupérer les clefs des bureaux. « Les gendarmes ont dû intervenir pour les ouvrir un à un, explique un agent. Des problèmes ont continué jusqu’au soir, j’ai dû juste claquer la porte avant de partir. » La panne a duré plus de quatre heures, de 8 h 11 à 12 h 30, et a déstabilisé l’institution jusqu’à ses ambassades situées hors de France. « Mon ordinateur et mon téléphone n’arrivaient pas à se connecter au serveur », témoigne un diplomate.

La raison de ce problème ? « Un incident technique s’est produit sur le réseau public de distribution d’électricité, impactant notamment une partie des 7e et 8e arrondissements de Paris, confirme Enedis. Ils ont tous été réalimentés en moins de cinq minutes grâce à des manœuvres de pilotage à distance. » L’entreprise est en train d’analyser les causes exactes de cette coupure mais à quelques mois des Jeux olympiques, le sujet devient embarrassant pour l’un des ministères phares, particulièrement exposé dans le contexte international actuel. Comment une panne de cinq minutes a pu déstabiliser le Quai d’Orsay aussi longtemps ? Interrogé, le ministère a indiqué « ne pas avoir d’éléments à partager à ce sujet ». D’ailleurs, aucune communication interne n’a été faite auprès des agents.

Dans ce contexte, de nouveaux événements, survenus hier, inquiètent un peu plus. Dimanche et lundi 11 mars, plusieurs services de l’État ont été visés par une offensive informatique d’une « intensité inédite », selon Matignon auprès de l’AFP. Revendiquée par Anonymous Sudan (un groupe de soutien à la Russie) sur son compte Telegram, la cyberattaque a touché plusieurs ministères notamment celui du travail. Une cellule de crise a été mise sur pied afin de déployer des contre-mesures, avant un retour à la normale dans la journée. Ce risque d’offensive par déni de services (technique visant à noyer un serveur Internet sous des requêtes afin de rendre un site inaccessible) avait déjà été pointé du doigt par Vincent Strubel, à la tête du cyberpompier de l’État. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) avait déjà noté une recrudescence de ce type d’attaques ces derniers temps ainsi qu’une sophistication du mode opératoire. « Avec les JO, la France sera évidemment une cible mais nous nous y préparons depuis plusieurs mois en sécurisant les infrastructures critiques, les transports, les réseaux d’eau… mais aussi les fédérations, les stades… », a-t-il détaillé fin février lors de la présentation du Panorama 2023 de la cybermenace. Prémonitoire.