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Continuer la lectureLe fabricant français de smartphones Crosscall est en vente
Basé à Aix-en-Provence, le constructeur spécialisé dans les appareils ultrarésistants prévoit de sortir son premier produit franco-européen 5G en 2024.
Dans la fabrication de smartphones, peut-on exister aux côtés des géants mondiaux que sont Apple, Samsung ou bien encore Xiaomi ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, un fabricant français, Crosscall, a relevé le challenge, avec un argument de différenciation clair : proposer des produits durables et ultra résistants. Créée en 2009 à Aix-en-Provence, l’entreprise compte aujourd’hui près de 200 salariés et se targue d’avoir vendu plus de 3 millions de portables dans le monde. Un bilan qui amène cet OVNI de la French Tech à réfléchir à son avenir. Selon nos informations, Crosscall a confié un mandat à Rothschild & Co pour orchestrer sa vente.
Actuellement, Cyril Vidal, président fondateur de la société, en est toujours propriétaire, aux côtés de son partenaire financier historique Amundi Private Equity Funds et de LFPI - entré en 2021 en lieu et place d’A Plus Finance. Mais à l’occasion de cette opération, le dirigeant envisage de réduire sa participation et les fonds prévoient de sortir intégralement pour laisser place à un nouvel actionnaire… majoritaire. Une grande première pour l’entreprise, pilotée depuis un mois par Nicolas Zibell (à l’origine du système d’exploitation mobile KaiOS). Si des discussions sont en cours avec des fonds, la direction privilégie l’adossement à un industriel du secteur. À une condition toutefois : que celui-ci dispose d’un passeport européen.
Contacté par nos soins, Cyril Vidal confirme : « Nous sommes ouverts à toutes les propositions qui pourraient permettre à Crosscall de poursuivre sa trajectoire de croissance, à condition que les candidats aient un ancrage européen. » Question de business, question de souveraineté aussi. Car, si la pépite d’Aix a d’abord visé le grand public, elle s’est fortement développée grâce aux clients institutionnels (SNCF, hôpitaux…), souvent sensibles à la nationalité de leur prestataire : en 2021, elle a réalisé un coup de maître en remportant un important appel d’offres du Ministère de l’intérieur. Depuis, plus de 200 000 smartphones et tablettes Crosscall équipent les policiers et les gendarmes français. « Ce contrat a été un véritable tremplin et nous rend très confiants sur notre capacité à décrocher prochainement d’autres appels d’offres en Europe », explique Cyril Vidal.
Sa recette ? Proposer des produits solides et endurants, tout en incorporant une couche de sécurisation des terminaux adaptée aux exigences du donneur d’ordre. Dans le cadre du contrat avec le Ministère de l’intérieur, la couche a été développée par l’opérateur des systèmes d’information interministériels classifiés (OSIIC), une entité du secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN).
À ce jour, Crosscall revendique une présence dans 16 pays et prévoit cette année un chiffre d’affaires d’environ 130 millions d’euros pour un Ebitda légèrement supérieur à 20 millions. Une rentabilité confortable pour une entreprise qui ne craint pas d’aller à contre-courant des pratiques de ses principaux concurrents. Pour le lancement de son futur produit 5G, prévu en 2024, elle compte s’appuyer exclusivement sur des composants français ou européens. Une gageure qui pourrait cependant plaire au grand public, que Crosscall espère séduire plus massivement.