L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureHuawei France se sépare de Jean-Marie Le Guen
La filiale hexagonale de l’équipementier télécoms chinois ne compte plus aucun administrateur français avec le départ de l’ancien député ainsi que celui de Jacque Biot, qui la présidait.
Jean-Marie Le Guen tire sa révérence. Selon nos informations, l’ancien député PS et conseiller de Paris a quitté ses fonctions d’administrateur du groupe chinois Huawei France, après six ans en poste. Son départ coïncide avec celui de Jacques Biot, l’autre Français administrateur de la filiale tricol...
Ces puissants soutiens, aux carnets d’adresses fournis, avaient pourtant une mission clé chez Huawei : aider le groupe de Shenzhen à rassurer le gouvernement sur ses antennes mobiles 5G utilisées par les opérateurs SFR et Bouygues Telecom dans l’Hexagone. Depuis plusieurs années, cette technologie est devenue un sujet de préoccupation pour la sécurité nationale en France comme dans d’autres pays, tous craignant des campagnes d’espionnage ou de sabotage de ces réseaux par Pékin. « Les États-Unis savent mettre en scène et veulent mettre en scène des problèmes géopolitiques, avait plaidé Jean-Marie Le Guen sur BFM. Ils sont dans une guerre technologique et ils ont pris Huawei parce que c’est un leader fondamental. » Sur la même chaîne, Jacques Biot saluait la présence de Huawei à l’international, avec en particulier la construction de son usine alsacienne tout en vantant la qualité de ses équipements 5G aux « vertus plus efficaces sur le plan énergétique. »
Mais ce projet semble au point mort malgré un investissement de près de 300 millions d’euros. En fin d’année dernière, les Dernières Nouvelles d’Alsace évoquaient même un abandon et une revente de cette usine après les déboires rencontrés par le groupe chinois écornant son image. En mars 2025, une enquête a été ouverte sur des accusations de « corruption active au sein du Parlement européen au profit de Huawei », selon le parquet fédéral belge. Les soupçons concernent « des rémunérations de prises de position politiques ou encore des cadeaux démesurés, comme des frais de bouche, de voyage ou encore des invitations régulières à des matchs de football [pour] promouvoir des intérêts commerciaux purement privés dans le cadre de décisions politiques. »
Plus récemment, ce sont ses onduleurs connectés qui sont devenus à leur tour l’objet d’inquiétudes. En avril 2026, la Commission européenne a décidé de suspendre les aides destinées à ces équipements d’origine chinoise en raison de soupçons pesant sur la sécurité des infrastructures énergétiques (notamment celles reliées aux panneaux solaires). Face à ces tensions, Huawei a vu son activité décliner entre 2022 et 2023 avant de repartir depuis pour atteindre 714,2 millions d’euros l’an dernier (+3 %), portée par ses offres aux entreprises et dans le domaine de l’énergie.
Contactés, Jacques Biot et Huawei France n’ont pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de notre article tandis que Jean-Marie Le Guen n’a pas souhaité faire de commentaire.