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Continuer la lectureNouveau revers pour Jacquie et Michel contre Nikita Bellucci
La plateforme X accuse l’actrice et réalisatrice de dénigrement et lui demande de lourds dommages et intérêts. Déjà rejetée en première instance, sa requête n’a toujours pas abouti en appel.
Encore raté. Depuis 2022 maintenant, la société mère de Jacquie et Michel, Arès, cherche à faire casquer la star du X Nikita Bellucci et son mari Ludovic Dekan. Après les sorties critiques du couple contre l’industrie du porno, la plateforme impute à l’actrice et son époux la perte d’un contrat avec Canal+ et lui réclame 700 000 euros d’indemnités. Début 2024, nous révélions que le tribunal de commerce de Paris s’était déclaré incompétent pour trancher le litige opposant le couple au site pour adultes. Selon nos informations, la Cour d’appel de Paris vient de confirmer ce jugement… De quoi compliquer un peu plus la donne pour Jacquie et Michel.
Depuis le début, l’argumentaire de la plateforme reste le même : les déclarations de l’actrice et réalisatrice et de son mari dans la presse et sur les réseaux sociaux seraient le produit d’une « stratégie marketing déloyale pour développer leur activité » au détriment du géant du porno. Ladite stratégie serait ainsi constitutive d’un dénigrement pour le moins coûteux : échaudé par les affaires secouant l’industrie pornographique et le propriétaire du site Michel Piron, Canal+ a décidé de suspendre la diffusion de la chaîne Jacquie et Michel TV.
Concernant les propos incriminés, le géant du porno, vendu il y a peu par la famille Piron à une mystérieuse société américaine, épinglait notamment Bellucci et Dekan pour ces sorties : « Ce qu’on reproche à ce site, c’est qu’on a signé pour une pratique et on se retrouve à en faire d’autres », « le système Jacquie et Michel, on a également essayé de le changer de l’intérieur en dénonçant des faits une fois de plus. Pas plus tard qu’hier, une personne qui travaille pour eux m’a menacée publiquement » ou encore « Quand on produit à bas prix il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des dérives ».
Dans un premier temps, le 30 janvier dernier, le tribunal de commerce de Paris s’était déclaré incompétent à juger le litige. « Contrairement à ce que soutient Ares ces mentions […] ne mettent pas en cause la qualité de la plateforme Jacquie et Michel et ses produits et services mais portent sur des faits précis concernant des personnes impliquées dans des pratiques abusives et leur parcours judiciaires », avait notamment estimé la juridiction. Avant d’indiquer que ces propos relevaient davantage de la diffamation que du dénigrement, et d’inviter Ares à mieux se pourvoir.
Mais le leader français du secteur ne s’est pas avoué vaincu, et a fait appel de la décision du tribunal de commerce. Sans succès, donc : la juridiction vient de rejeter leur demande. Dans le jugement, on lit que le couple n’a pas mis en cause « l’activité ou les produits de la société Ares en eux-mêmes » dans ses propos, mais plutôt « les pratiques de ceux qui tournent, réalisent, produisent ou distribuent certains de ces films » pornographiques. Pour la Cour, les prises de parole des époux témoigneraient ainsi simplement de leur « volonté de réaliser de tels films dans des conditions respectueuses des personnes ». La Cour d’appel a ainsi confirmé le jugement de première instance, à une différence près : elle a renvoyé l’examen de l’affaire devant le tribunal judiciaire de Paris, compétent en matière de diffamation.
Mais les suites d’une telle procédure sont plus qu’incertaines : le délai de prescription en la matière est de trois mois, or les propos litigieux datent de 2022. Le groupe Ares assure toutefois qu’il poursuivra bien le couple pour ses déclarations, qui « restent sur le web ». Et d’ajouter : « C’est une décision de forme et non de fond. Rien n’est donc tranché pour le moment. Ce qui est sûr c’est que les attaques répétées par Nikita Bellucci et son mari étaient parfaitement infondées comme nous le disions depuis le début puisque l’ancien président de J&M a été totalement démis en examen : il n’y a plus de charge dans le dossier contre lui… Les preuves irréfutables présentées et le sérieux de la défense ont clairement démontré l’inanité des accusations portées contre lui. Les propos du couple que l’on poursuivra, eux en revanche, restent sur le web. » Si Michel Piron a en effet bénéficié d’une « démise en examen » dans l’affaire le mettant en cause pour complicité de viol et traite d’être humain en bande organisée lors d’un tournage à destination du site pornographique, le fondateur est aujourd’hui témoin assisté. Ce statut est accordé à un « suspect à l’égard duquel des indices rendent vraisemblable qu’il ait pu participer à la commission de l’infraction ». « Nous sommes ravis que cette tentative d’intimidation d’un autre temps pour imposer le silence sur des violences subies par des femmes doublée d’un détournement des procédures de presse ait échoué », nous a pour sa part indiqué Richard Malka, conseil du couple Bellucci.