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Immobilier

Deux candidats pour reprendre le dernier immeuble d’Officiis Properties, en redressement judiciaire

La société d’investissement immobilier, dans laquelle ont notamment investi les family offices Dassault et Bettencourt, s’est progressivement délestée de la plupart de ses bureaux.

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C’est un bâtiment de 11 000 mètres carrés, sur 6 étages, situé juste derrière le quartier d’affaires de la Défense. Depuis quelques semaines, l’immeuble de bureaux The Light House, installé au 2-16 rue Hennape de Nanterre, est ouvert aux offres de repreneurs, a appris l’Informé. Une situation qui fai...

Le bâtiment, qui loge pour partie des équipes d’Enedis, est en effet le dernier actif de cette foncière, détenue par le fonds luxembourgeois Real Estate Opportunities et gérée par la société d’investissement TwentyTwo Real Estate. Dès 2019, les actionnaires de ce fonds - dans lequel ont investi plusieurs family offices français dont Dassault et Bettencourt - s’étaient séparés de l’ensemble de leurs parcs de bureaux (de près de 250 millions d’euros), à l’exception donc du fameux immeuble de Nanterre. Mais ce dernier bien a vu son activité largement mise à mal par la crise du Covid et le développement du télétravail. Hormis trois baux signés avec le gestionnaire de réseaux électriques pour des bureaux et des places de parkings, son taux d’occupation ne dépasse pas 16 % à ce jour. De quoi plomber les résultats d’Officiis Properties qui affichait 14 millions de pertes lors de son exercice clos au 30 juin 2023.

D’après nos informations, deux offres ont déjà été déposées pour reprendre les lieux. La première est portée par la société d’investissement immobilier, Foncière Volta, qui propose de mettre 6,8 millions d’euros sur la table. Pour doper l’activité du bâtiment, le possible repreneur prévoit notamment d’y développer un espace de coliving sur deux étages (intégrant près de 80 logements pour les salariés des entreprises locataires) et d’y introduire des baux à loyers abordables sur trois autres étages. En associant ces nouveaux baux, à celui déjà existant d’Enedis, l’investisseur table ainsi sur des loyers de 581 602 euros en 2025 et 1,7 million en 2030.

Plus surprenante, la seconde offre a été déposée par la société TwentyTwo Credit 1, qui n’est autre qu’une filiale du gestionnaire du fonds détenant l’immeuble… ainsi que son principal créancier. Fin décembre, Officiis Properties devait encore lui rembourser un prêt hypothécaire de 23,4 millions d’euros. En proposant d’aligner 6,49 millions d’euros pour reprendre l’actif, TwentyTwo Credit 1 pourrait ainsi réaliser une opération totalement indolore sur le plan financier, en se remboursant une partie de son emprunt. Ce réinvestissement serait de courte durée, car la société fait aussi savoir, dans son offre, qu’elle envisage par la suite de revendre l’immeuble à terme. Les enchères ne sont toutefois pas finies, les offres de reprise devant être examinées le 4 février prochain devant le tribunal de commerce.

Contactés, les candidats déclarés n’ont pas répondu à nos sollicitations. Pas plus que les représentants de la société d’investissement Officiis Properties.

Mais où sont donc passés les 17 millions d’euros ?

Lors de son exercice 2022, la société d’investissement immobilier, Officiis Properties, a fait l’objet d’un contrôle fiscal, assorti d’une proposition de rectification de 17,6 millions d’euros de la part du fisc. Si cette dette fiscale est contestée par la société, elle n’a étrangement pas été intégrée au passif - ces créances que l’administrateur judiciaire doit rembourser un fois l’actif vendu - dans le cadre de la procédure de liquidation judiciaire. Selon nos informations, Bercy entend étudier le dossier de près.