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Grande conso

Les salons de coiffure Dessange vont avoir un nouveau propriétaire

Détenteur de l’enseigne depuis quinze ans, Eurazeo a décidé d’engager des négociations exclusives avec le principal créancier du groupe.

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Nathan Alliard / Photononstop

Il y a bientôt quinze ans, l’illustre Jacques Dessange cédait son enseigne de salons de coiffure à un fonds d’investissement, Ofi Private Equity Capital, pour près de 80 millions d’euros. Depuis lors, cet investisseur - rebaptisé Eurazeo PME en 2011 - n’est jamais parvenu à revendre le groupe, en dépit de plusieurs tentatives organisées par des banques d’affaires. Jusqu’à aujourd’hui. Selon nos informations, le propriétaire est discrètement entré en négociations exclusives avec le principal créancier du groupe, le britannique ICG. Parce que la société est en grave difficulté ? Pas du tout.

« Il n’y a aucune procédure engagée par le prêteur pour récupérer agressivement les clés de l’entreprise, souffle une source. Il est ici question d’un rachat à l’amiable car l’enseigne de coiffures se porte bien. » Si un bris de covenant (ratio financier permettant, en cas de non respect, une renégociation par les créanciers) avait été observé pendant la crise du Covid-19, Dessange a en effet redressé la barre et prévoit d’afficher un Ebitda de 14 millions d’euros cette année. Un dynamisme en partie lié au rebond de son activité aux États-Unis, un marché que le groupe a attaqué en 2012 en rachetant la chaîne Fantastic Sams. Pour la première fois depuis deux ans, cette entité réunissant près de 800 franchisés pourrait contribuer positivement à la performance financière de sa maison mère.

Mais le business de Dessange reste avant tout porté par son enseigne de coiffure éponyme et Camille Albane en France (40 % de l’activité avec 350 salons). Des réseaux au positionnement plus haut de gamme que Fantastic Sams. Le groupe vend aussi des produits pour les professionnels de la coiffure sous la marque Dessange Coiff’Idis, rachetée en 2016, et bénéficie d’un partenariat commercial avec L’Oréal.

Il y a deux ans, le réseau créé par le coiffeur des stars était lorgné par des investisseurs et des concurrents, dont le niçois Pascal Coste. Le rapprochement des deux structures aurait permis de faire émerger le numéro 4 mondial du secteur, derrière Regis Corporation (SuperCuts, Cost Cutters, Regis Salons), Great Clips et le groupe français Provalliance (Franck Provost, Jean Louis David, Coiff&Co).  Ce dernier était d’ailleurs aussi engagé dans les négociations, mais celles-ci n’avaient finalement pas abouti en raison de la faiblesse des offres. « Avec Provalliance dans la course, nombre d’investisseurs se sont découragés, estime un connaisseur du secteur. Les synergies entre les deux groupes étaient évidentes, cet épouvantail a hanté les processus de vente… »