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Continuer la lectureLes champagnes Mumm de Pernod Ricard pourraient passer sous pavillon allemand
Le géant de vins et spiritueux poursuit ses échanges avec un interlocuteur privilégié.
Pernod Ricard va-t-il pouvoir bientôt sabrer le champagne ? La cession de sa prestigieuse marque Mumm n’est pas encore bouclée, mais le numéro 2 mondial des vins et spiritueux aurait d’ores et déjà focalisé ses discussions avec un acteur : Henkell Freixenet. Plusieurs sources évoquent même que ce groupe allemand serait seul en lice dans le processus de cession orchestré par Rothschild & Co.
Détenu par la famille Oetker, ce dernier n’est pas inconnu dans l’Hexagone. Il est déjà propriétaire de la maison de champagne Alfred Gratien, basée à Epernay, et du producteur saumurois de crémant Gratien & Meyer. Dans le monde, il a aussi bâti sa notoriété sur quelques marques fortes comme Freixenet, leader mondial de l’effervescent espagnol cava, ou Mionetto, le numéro 1 du prosecco aux Etats-Unis et en Allemagne. Sa trentaine de références lui a permis d’afficher un chiffre d’affaires de 1,25 milliard d’euros l’an dernier.
Henkell - à ne pas confondre avec le géant du détergent Henkel - et Mumm partagent la même origine. La célèbre maison rémoise a en effet été fondée en 1827 par les allemands Gottlieb, Jacobus et Philipp Mumm (les enfants d’un producteur de vins basé à Cologne), qui ont eu l’idée de s’allier au champenois G. Heuser et à l’homme d’affaires allemand Friedrich Giesler. Avec cette opération, Henkell réintégrerait donc une marque dont les fondations sont en partie outre-Rhin et en profiterait pour renforcer son portefeuille de produits « premium »... sans pour autant mettre la main sur la collection RSRV de Mumm, que Pernod Ricard entend conserver.
Mais un accord sur le prix doit encore être trouvé. En février, Reuters évoquait une valorisation d’au moins trois fois le chiffre d’affaires annuel de 200 millions d’euros. Si elle venait à être inférieure, Pernod Ricard pourrait donc encore décider de retirer son actif de la vente. « A ce stade, il n’est pas impossible que Pernod Ricard fasse marche arrière. Rien ne le contraint à vendre, Mumm conservant une solide santé financière », note un proche du dossier.
Il faut dire que l’ensemble du marché du champagne souffre, avec des exportations en baisse d’environ 10 % l’an dernier. Dans ce contexte, Mumm écoule encore près de 6 millions de bouteilles par an, en bonne place derrière Moët & Chandon, Veuve Clicquot et Nicolas Feuillate. Mais il a connu une chute de ses volumes de 14 % et de son chiffre d’affaires de 12 % au cours de l’exercice 2023-2024. A titre de comparaison, l’autre marque de champagne du groupe dirigé par Alexandre Ricard, Perrier-Jouët, a limité le recul de ses volumes à 6 %, tout en faisant légèrement progresser son chiffre d’affaires sur la période.
L’an dernier, Pernod Ricard avait vendu son portefeuille de vins internationaux à Australian Wine Holdco, un consortium d’investisseurs propriétaire de l’australien Accolade Wines. Pour son exercice 2024-2025, le numéro 1 français des vins et spiritueux prévoit toujours un repli organique « faible à un chiffre » de son chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente. Il avait abaissé ses prévisions en février, alors qu’il s’attendait à un redémarrage dans l’année.
Contacté, Pernod Ricard et Rothschild & Co n’ont pas souhaité commenter, tandis que Henkell Freixenet n’a pas répondu à notre sollicitation.