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Grande conso

La maison de cosmétique bio Patyka est en vente

Les serial entrepreneurs Pierre Juhen, Grégory Declercq et Alexandre Benamran entendent céder le contrôle de leur marque, en croissance moyenne de 40 % par an depuis dix ans.

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vladimirfloyd - stock.adobe.com

Les serial entrepreneurs Pierre Juhen, Grégory Declercq et Alexandre Benamran vont-ils encore transformer l’essai ? Après avoir revendu une grosse partie de leur école d’esthétique et de coiffure Silvya Terrade (devenue Eureka Education), puis cédé pour près de 100 millions d’euros leur marque de compléments alimentaires Nutrimuscle au fonds Bluegem il y a deux ans, ils ambitionnent maintenant de se séparer de leur maison de cosmétique bio Patyka, a appris l’Informé. Le trio de choc prépare consciencieusement son projet depuis plusieurs mois.

Ces préparatifs se sont notamment traduits par un audit stratégique confié juste avant l’été à BCG, l’aspect financier et transactionnel ayant été pour sa part confié à Centerview Partners, a appris l’Informé. « Ils veulent vendre au marché les fondamentaux de 2025, souligne un proche du dossier. L’Ebitda présenté avoisine 6 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires d’environ 30 millions. » Des niveaux encore pas atteints en 2024. Une amélioration de la marge est donc attendue, Patyka étant pour l’instant encore dans une phase d’investissement et de recrutement de commerciaux pour accroître sa présence auprès des pharmacies. À titre de comparaison, la marque serait aujourd’hui présente dans 1 500 officines, contre 7 000 pour La Rosée.

Le prix recherché par les trois entrepreneurs ? Il représenterait près de 5 fois le chiffre d’affaires 2025, soit près de 150 millions d’euros. Les offres sont attendues avant Noël et le deuxième tour devrait se matérialiser au cours du premier trimestre 2025. Quelques industriels ont regardé mais leur présence n’est à ce jour pas certaine. En revanche, les fonds de croissance et investisseurs familiaux capables de prendre des positions majoritaires sont attendus au tournant. « Il y a beaucoup de marques qui émergent dans ce secteur mais le risque du plafond de verre est présent, estime un banquier. De plus, leur croissance nécessite des investissements massifs en marketing et en commerciaux, qui viennent ponctionner l’Ebitda, comme chez Patyka [ndlr, la marque a lancé sa première campagne publicitaire dans le métro il y a un mois]. Cela créer un écart important entre l’excédent brut comptable et l’excédent brut présenté par les vendeurs. »

La dynamique commerciale est cependant très positive. En croissance annuelle de 40 % par an, Patyka - qui emploie actuellement 120 salariés - est aujourd’hui l’une des marques les plus vendues sur le segment des crèmes anti-âge et vise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2029, puis 200 millions d’ici dix ans. Elle a ouvert une première boutique près de l’Opéra de Paris et dispose de premières filiales en Italie, en Espagne et en Suisse.