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Continuer la lecture74 000 anciens salariés d’Engie privés de la prime qui leur avait été promise
La prime de 1 500 euros, annoncée aux collaborateurs du groupe en raison de ses résultats faramineux, ne sera pas versée aux 74 000 salariés de son ex-filiale Equans, cédée à Bouygues en octobre.
Voilà un rétropédalage qui fait des vagues. Les 74 000 salariés d’Equans, la filiale d’Engie spécialisée dans les services multitechniques vendue en octobre à Bouygues, espéraient bien toucher la prime exceptionnelle de 1 500 euros promise début novembre à tous les collaborateurs du groupe énergétiqu...
Sauf que le 14 novembre, Engie a fait machine arrière et demandé à la direction d’Equans de dire à ses collaborateurs qu’ils n’étaient pas concernés par ce bonus. De quoi provoquer un tollé en interne du côté des organisations syndicales, qui dénoncent une inégalité de traitement entre les salariés et rappellent que les 74 000 employés d’Equans ont contribué pendant neuf mois aux résultats. « Ils devraient recevoir a minima une prime au prorata de leur présence dans le groupe, estime Arnauld Prigent, coordinateur CFTC chez Engie. Jusqu’au 4 octobre, Equans était encore à 100 % la propriété d’Engie ».
Pas de quoi faire flancher la patronne du groupe. Évoquant dans son courrier de réponse aux syndicats une « erreur matérielle de routage de courriels » à l’origine de cette « communication malencontreusement adressée à un certain nombre de salariés du périmètre Equans », Catherine MacGregor ne bouge pas d’un iota sur le fond : la prime ne sera attribuée qu’aux effectifs faisant partie d’Engie au moment du versement, prévu entre fin décembre et janvier.
Interrogé sur ce malentendu, le groupe se justifie en expliquant que « les salariés d’Equans n’entraient pas dans les critères d’attribution de la prime exceptionnelle de 1 500 euros. Celle-ci a en effet été décidée le 10 novembre dernier après le rattachement définitif d’Equans au groupe Bouygues ».
Mais la CFTC ne désarme pas. Après avoir alerté en décembre l’inspection du travail de la direction régionale et interrégionale de l’économie, de l’emploi, du travail d’Île-de-France (qui s’est déclarée incompétente pour résoudre le litige), l’organisation s’est tournée en janvier vers la Direction générale du travail. Faute d’accord avec Engie, un recours devant les tribunaux n’est pas exclu. Plus de 110 millions sont en jeu.
Article complété le 11 janvier à 19H10 avec la réaction d’Engie