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Continuer la lectureEuropean Digital Group intéresse le gotha des fonds
Sorte de mix entre Accenture et Publicis, ce spécialiste du numérique cherche un gros actionnaire minoritaire. Les discussions devraient se préciser après l’été.
Son « Tech Show » cumule cinq millions de vues sur Youtube. Dans cette émission aux faux airs du « Tonight show » de Jimmy Fallon, Vincent Klingbeil voit défiler les personnalités de la tech, de Jean-Emile Rosenblum (Pixmania) ou Édouard Morhange (Epicery) au ministre délégué au numérique, Jean-Noël Barrot, le 10 juillet dernier. Mais l’animateur est aussi (et surtout) un entrepreneur avisé : il est le patron d’European Digital Group (EDG), une entité animée par une équipe de multi-spécialistes du numérique,qui emprunte beaucoup à Accenture et à Publicis. Les consultants accompagnent les entreprises dans la création de contenus, l’animation de communautés, la cybersécurité, la gestion des données, la performance marketing, l’influence… L’homme fort du groupe s’est associé dès les grands débuts, en 2019, au fonds Montefiore. Aujourd’hui, il prépare le coup d’après : l’ancien avocat d’affaires du cabinet White & Case est en quête d’un autre allié financier.
La banque Lazard a été mandatée en mars pour conseiller le groupe dans ses projets, comme l’a révélé Mergermarket. Selon nos informations, il s’agira de trouver un investisseur prêt à prendre une grosse participation minoritaire, aux côtés de Vincent Klingbeil et de ses managers, mais aussi de Montefiore, décidé à demeurer un actionnaire important. Selon nos informations, les négociations devraient rentrer dans le vif du sujet après l’été, avec des prétendants triés sur le volet. « Après avoir rencontré un certain nombre d’investisseurs un peu plus tôt dans l’année, les actionnaires d’EDG sont entrés récemment dans une deuxième phase de « coffee meetings », précise un connaisseur du sujet. Le contact a été établi avec plusieurs français (Latour Capital, PAI Partners ou Eurazeo) et beaucoup d’internationaux : IK Partners, Bridgepoint, CVC, Marlin Equity Partners, TowerBrook, Blackstone (via sa stratégie Tactical Opportunities, qui va investir dans Lazeo)... « La liste est amenée à se resserrer autour de quelques noms d’ici septembre : Vincent Klingbeil va sélectionner les investisseurs qui lui semblent les plus en phase avec son projet », croit savoir un banquier d’affaires. Certaines sources mentionnent que le ticket d’entrée pourrait tourner autour de 200 millions d’euros.
Si le gotha du private equity s’intéresse à la société, c’est que tout est allé très vite pour elle en quatre ans. Son patron disait il y a quelques mois viser 250 millions d’euros de chiffre d’affaires et 50 millions d’Ebitda pour 2023. La performance doit beaucoup à ses acquisitions. EDG vient par exemple encore de faire rentrer dans son périmètre Equancy, qui aide les entreprises (comme Carrefour, Volkswagen, Barrière, Axa…) à élaborer une stratégie digitale en se basant sur l’intelligence artificielle et la gestion des données. En début d’année, l’entreprise a racheté une filiale de Webedia, Semantiweb, spécialisée dans l’analyse de conversations des consommateurs sur les réseaux sociaux. Les agences qui composent EDG, elles aussi, grossissent à leur tour en avalant régulièrement d’autres agences… Dans la création de contenus publicitaires en ligne, Ores a ainsi annoncé il y a quelques semaines la prise de contrôle de Digital Prod, qui fournit ses services à des entreprises comme Nespresso, Danone ou L’Oréal. « Le pari d’EDG est de laisser à ses différentes entités suffisamment d’autonomie pour mener leur développement. Les dirigeants des agences en restent actionnaires aux côtés du groupe, qui prend la majorité’, décrit une source, qui parle volontiers de « fédération » pour décrire le fonctionnement d’EDG et de ses différentes entités.