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Santé

Les fonds de private equity partent à l’assaut de deux réseaux de cancérologie

Andera Acto s’apprête à investir dans le Centre azuréen de cancérologie. D’autres devraient se positionner sur la vente d’Amethyst, un groupement de dimension européenne.

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Valerii Apetroaiei - stock.adobe.com

Après les cliniques privées, les laboratoires d’analyses et, plus récemment, la radiologie et les soins dentaires, les fonds de private equity font maintenant irruption sur un autre segment de la médecine libérale : la cancérologie. Français ou étrangers, des financiers entrent désormais au capital de groupements spécialisés pour les aider à investir et/ou organiser la sortie de certains actionnaires. Cet été, un réseau basé dans les Hauts-de-France, le Pôle d’imagerie et de cancérologie du Pont Saint-Vaast, s’est ainsi ouvert à plusieurs investisseurs, à savoir L-Gam (une structure affiliée à la famille princière du Liechtenstein), Capza, Idia (une entitée affiliée à la galaxie Crédit Agricole) et Bpifrance. Selon nos informations, une opération similaire devrait se conclure d’ici la fin de l’année, cette fois-ci sur le pourtour méditerranéen. Le fonds Andera Acto a noué un accord pour investir dans le Centre Azuréen de Cancérologie (CAC) a effectivement appris l’Informé.

Cet acteur a vu le jour il y a une vingtaine d’années autour d’un centre de pointe situé à Mougins (Alpes-Maritimes), où le patient peut se faire soigner par radiothérapie, chimiothérapie ou curiethérapie - un procédé qui envoie des ondes radioactives via l’implantation de sources de diffusion à l’intérieur du corps, à proximité des tumeurs. Le groupement cherche à racheter d’autres établissements dans la région : c’est ainsi qu’il a fini par se rapprocher d’Andera Acto, par l’entremise de la banque d’affaires Oddo BHF Corporate Finance. Selon nos informations, ce dernier devrait investir au moins 25 millions d’euros sous forme d’obligations à bons de souscriptions d’actions (via un type d’opération que le petit milieu du private equity appelle un « LBO sponsorless »). L’opération valoriserait le Centre Azuréen de Cancérologie 220 millions d’euros, un montant à rapprocher des 17 millions d’euros d’Ebitda qu’il prévoyait de dégager cette année. La structure restera la propriété de ses praticiens - des radiothérapeutes et des médecins oncologues.

Un autre acteur de la cancérologie, mais de dimension européenne cette fois, pourrait bien passer sous le contrôle d’un fonds de private equity l’an prochain. Il s’agit d’Amethyst, un groupement d’une quinzaine de cliniques réparties entre la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Europe de l’Est, dont le siège est installé aux Pays-Bas, où il n’exploite pourtant aucun centre. Cet ensemble, qui a levé un financement de 300 millions d’euros en dette privée cet été auprès du fonds américain Ares, a aujourd’hui pour principaux actionnaires l’entrepreneur tricolore Ludovic Robert et l’israélien Avner Goldenberg, qui avait fait une première fois fortune dans la dialyse en cédant son affaire à l’allemand Fresenius. Mais selon nos informations, Goldman Sachs a été chargée d’organiser un processus d’enchères pour faire entrer un investisseur dans ce groupement dont l’Ebitda serait compris entre 30 et 40 millions d’euros. Des offres de premiers tours seraient attendues pour la mi-décembre. Le contact aurait été établi avec un certain nombre de fonds de premier plan, essentiellement anglo-saxons : on trouve pêle-mêle Morrison, Cinven, Bain Capital, CVC, Advent ou encore l’allemand Triton...

Selon plusieurs sources, des investisseurs seraient aussi tentés de reprendre la partie tricolore de l’activité d’Amethyst séparée du reste du groupe. Un morceau de choix puisque la France contribuerait à elle seule à environ la moitié de l’Ebitda. « Les bénéfices à tirer d’une présence dans plusieurs pays sont assez limités en raison des différences entre protocoles sanitaires et systèmes de remboursement », note un financier. « Les actionnaires d’Amethyst ont été formels : le mandat de vente porte sur 100 % du périmètre », pointe cependant une autre source.