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Continuer la lectureCliniques vétérinaires : Stirling Square Capital négocie son arrivée chez Qovetia
En discussions exclusives, le Britannique veut investir, comme de nombreux fonds, sur un secteur vétérinaire en pleine consolidation.
Les fonds de private equity continuent de se presser autour des cliniques vétérinaires. Après l’arrivée récente d’EMZ chez Fovéa puis celle d’Ardian chez Mon Véto, un autre groupement d’établissements négocie l’entrée d’un fonds à son capital. Il s’agit de Qovetia, un réseau important d’une grosse quarantaine d’établissements, générant un chiffre d’affaires estimé à 40 millions d’euros et un Ebitda d’une dizaine de millions d’euros. Cet ensemble bénéficie jusqu’à présent de l’appui capitalistique de Careventures, une holding contrôlée par Eric Souêtre, le cofondateur des laboratoires de bioanalyses Labco. Selon plusieurs sources, la société de gestion britannique Stirling Square Capital serait entré en négociations exclusives en vue d’investir dans Qovetia.
Le dossier, géré par l’intermédiaire de la banque d’affaires Degroof Petercam, a aussi intéressé le fonds Equistone et la holding familiale Dentressangle, une source évoquant également une attention de la part d’ICG. Mais c’est donc le Britannique qui semble s’imposer. « Le deal n’est pas encore fait, temporise toutefois une source. Des points importants restent à régler sur la gouvernance et la structure actionnariale. » Les investissements des fonds dans les cliniques vétérinaires doivent en effet composer avec une réglementation stricte. Une majorité du capital et des droits de vote doivent rester aux mains des praticiens vétérinaires. Dans les faits, toutefois, des actionnaires non issus de la profession peuvent très bien hériter d’intérêts financiers majoritaires, par exemple en mettant en place des obligations convertibles ou des actions de préférence. Contacté par l’Informé, Stirling Square n’a pas voulu faire de commentaire, tandis que Careventures n’a pas répondu.
De gros acteurs des cliniques vétérinaires ont progressivement émergé dans l’Hexagone ces dernières années en rachetant des établissements à tour de bras, le plus souvent avec l’aide de fonds de private equity. La croissance externe est alors assez classiquement utilisée pour mutualiser les coûts et les investissements… Et doper encore un peu plus la rentabilité des réseaux. Fin 2022, près de 20 % des 4 200 centres vétérinaires français étaient entre les mains de groupes détenant au moins 10 établissements. Parmi les plus gros, Mon Veto, Argos (qui tente lui aussi d’ouvrir son capital à un nouvel actionnaire minoritaire), mais aussi Sevetys (soutenu par Eurazeo), Univet (contrôlé par InfraVia)... Les fonds ont valorisé certains groupements près de 20 fois leur Ebitda.
Le marché a toutefois donné des signes de ralentissement l’an passé. « Les acteurs du secteur ont enregistré une croissance organique de 2 % dans le meilleur des cas, là où elle était plus comprise entre 5 et 10 % en 2021 », pointe l’actionnaire d’une enseigne de cliniques. La filière vétérinaire a fait les frais elle aussi du climat inflationniste et de la consommation en berne. Certains groupes à l’instar de Sevetys ont ainsi jugé bon de jouer la carte de la prudence, et de freiner leur politique d’acquisition de cliniques tous azimuts - faisant machine arrière dans des discussions parfois très avancées.