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Continuer la lectureLe producteur Sirius Media (ex-PM SA) en procédure de conciliation
Le film d’animation sur le sculpteur Richard Orlinski qu’il s’apprêtait à sortir est à l’arrêt.
« 2024 sera une année de transition » assurait la société cotée Sirius Media dans son communiqué du 4 novembre dernier annonçant ses résultats du premier semestre. C’est un euphémisme : selon nos informations ce groupe de production audiovisuelle (séries, films, pub) est actuellement en procédure de conciliation. Elle fait face à des créanciers et prestataires inquiets ; le tribunal de commerce de Paris tranchera son sort le 20 décembre. Mais l’issue ne peut guère être favorable au vu des données financières de l’entreprise : son chiffre d’affaires a plafonné à 205 000 euros au premier semestre alors que sa dette s’envolait à 17,2 millions d’euros.
Surtout, selon nos informations, les activités ne sont pas près de repartir. Les adresses emails du nom de domaine siriusmedia.com ne répondent plus, de nombreux prestataires n’ont pas été payés… Et logiquement, la seule production en cours - le film d’animation « Urban Jungle » mettant en scène les sculptures de Richard Orlinski - patine. 5 millions d’euros auraient déjà été dépensés (dont 1,5 million d’euros issu du crédit d’impôt du CNC) sur les 20 millions annoncés dans le budget de départ.
En plus d’une équipe de professionnels chevronnés, Sirius Media a recruté le producteur Rafaël Curulla, une figure très réputée du monde de l’animation. On lui doit notamment Moi moche et méchant 2 et Les Minions. Tout ce petit monde était rémunéré par Oona, la filiale lyonnaise de Sirius Media. Mais selon une source, un litige avec l’ex-directeur général de Oona et de Sirius Media, Gilles Aupin, par ailleurs directeur opérationnel du fonds émirati Perpetua, aurait précipité l’effondrement du projet. L’artiste Richard Orlinski, qui a déjà reçu une enveloppe conséquente en paiement de droits d’auteur, serait motivé pour reprendre la production du projet. Il ne nous a pas répondu.
Le PNF a terminé son enquête sur Richard Orlinski
La star de la sculpture, connue notamment pour ses King Kong géants en plastique, fait l’objet depuis 2019 d’une enquête préliminaire du parquet national financier pour abus de biens sociaux, fraude à la TVA et fraude fiscale. Selon nos informations, l’enquête le concernant est terminée et le PNF doit décider dans les semaines qui viennent de la suite à donner au dossier.
Malgré ces vents contraires, l’équipe dirigeante de Sirius Media, qui se résume désormais au financier canadien Paul Amsellem, allié au fond dubaïote Perpetua, semblait encore confiante en novembre. Elle n’a pas répondu aux questions de l’Informé le 9 décembre.
La société a vu son cours s’effondrer de 98 % depuis un an, et pèse désormais moins d’un million d’euros. Un effondrement également lié à la multiplication de l’émission d’obligations convertibles en actions fortement dilutives. Censées aider la société à se financer, ces obligations sont émises en échange de cash. Elles ont été essentiellement souscrites par les fonds Park Partners, Perpetua ou Atlas Capital, basé aux îles Caïmans. Mais comme ces derniers les ont aussitôt converties en actions puis les revendues ces dernières, cela a accéléré la chute du titre. Cet attelage est aussi aux manettes de la société de santé Visiomed, avec les mêmes méthodes de financement.
La société Sirius Media, anciennement appelée Metadvertise, s’est lancée dans la production cinématographique en 2021 en mettant la main sur la société de production PM SA fondée par Alain Pancrazi. Comme nous l’avions dévoilé, ses dirigeants sont mis en examen dans une affaire de blanchiment d’argent entre la Suisse, le Royaume-Uni et la France. Une enquête est actuellement en cours au parquet de Paris sous la houlette de la juge d’instruction Anne de Pingon.