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Médias - Culture

Il estimait son licenciement « humiliant », Fabien Namias décroche une grosse indemnité d’Europe 1

Six ans après son éviction, l’ancien directeur de l’information de la station d’Arnaud Lagardère vient de la faire condamner à un lourd dédommagement.

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FRED DUFOUR / AFP

Il a recruté les voix d’Europe 1 de 2012 à 2017, travaillé sur les programmes de la station et pris des décisions capitales… Rue François 1er, Fabien Namias était le boss aux multiples casquettes : journaliste, il assurait l’interview de 8h20 la semaine et Le grand rendez-vous le week-end, mais il ét...

Tout au long de la procédure, deux versions se sont opposées. Celle de la direction ? Fabien Namias est responsable de la dégringolade des audiences. « Il y a une chute sur l’information et notamment sur la matinale à 8h15-8h30, le prime time. Il y a une chute de 5,11% sur 2015-2016 et la même chose sur 2016-2017 », a plaidé Sébastien Leroy, l’avocat de la station.  Le chiffre d’affaires est passé de 74,7 millions d’euros en 2014 à 61,7 en 2016 et à une évaluation de 53,2 millions d’euros en 2017. On lui reproche aussi des mauvais choix de grille, des changements répétés, une organisation peu optimale de la rédaction, un salaire trop important pour Thomas Sotto, ainsi qu’un management trop directif et rigide.

Une présentation des faits que balaie Marie-Alice Jourde, l’avocate du journaliste, dont les objectifs auraient été atteints. « Il n’y a qu’une seule constante : le DG et le président. Ils doivent se démettre, ils sont responsables. ». Pour elle, la décision de se séparer de son client a été prise bien en amont et serait liée à une lutte sans merci opposant Fabien Namias à Denis Olivennes, avec un Arnaud Lagardère dans le rôle de l’arbitre taiseux et absent.  « Je ne comprends toujours pas que le 7 juillet 2017 à 8h30, la DRH, gênée, m’attendait à la sortie du studio pour me remettre la lettre de convocation à l’entretien préalable… On m’a convoqué de manière humiliante », a raconté le fils de Robert Namias aux prud’hommes.

En première instance comme en appel, son avocate a réclamé 310 000 euros d’indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse, sur la base d’un revenu fixe mensuel de 21 184,62 euros, complété de primes pour 41 340 euros. Elle a également demandé 50 000 euros pour exécution déloyale du contrat de travail. La preuve selon elle ? Patrick Cohen, remplaçant de Namias sur la matinale en septembre 2017, a dit avoir été « approché » dès janvier… sans que le président Lagardère ne s’en explique auprès de l’éconduit, malgré ses nombreuses sollicitations. Et ce n’est pas tout : Marie-Alice Jourde a aussi demandé 50 000 euros supplémentaires pour préjudice moral et d’image, la situation de son client ayant été médiatisée et son successeur installé avant son licenciement.

Au match aller, comme au retour, l’avocate a fait carton plein et obtenu gain de cause sur toutes ses requêtes. En appel, Europe News a, en plus, été condamnée à rembourser à Pôle emploi six mois d’indemnités de chômage… « C’est un arrêt bien motivé qui a lourdement sanctionné la désinvolture du dirigeant d’Europe 1 qui s’est mal conduit à l’endroit de mon client mais aussi de son CE et de la société des rédacteurs », a-t-elle commenté. Contacté, Franck Blin, l’avocat d’Europe News en appel, n’a pas donné suite à la demande de L’Informé.