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Grande conso

Maison de la literie : les usines sont placées en redressement judiciaire

Alors que l’enseigne - 300 magasins en France - est minée par un conflit entre l’ancienne et la nouvelle direction, ses sites de production français ont été mis à l’arrêt. L’inquiétude monte chez les franchisés.

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Mise à jour du 12 juillet : selon nos informations, après la branche industrielle du groupe, c’est l’ensemble de l’enseigne qui pourrait être mis en redressement ce jeudi. Une audience est prévue à Chalon-sur-Saône. Plus d’informations ici.

Passe difficile pour la célèbre enseigne Maison de la literie. Selon nos informations, la branche industrielle du leader du matelas en France - la structure qui fournit aux magasins les produits à vendre - vient d’être placée en redressement judiciaire. « Ce n’est pas une surprise, on le redoutait déjà depuis quelque temps », confie un franchisé. Il y a un peu plus d’un mois, l’Informé révélait que la succession houleuse du fondateur de la chaîne, Pierre Elmalek, plombait le groupe et suscitait de profondes inquiétudes chez les propriétaires des boutiques. Aujourd’hui, l’entreprise enregistre une dette de plusieurs dizaines de millions d’euros, dont les clans Elmalek et Veldeman, anciens associés de longue date, se rejettent la faute.

Au mois de mai, la firme a dû fermer ses deux usines françaises pour réduire ses coûts, notamment à Autun, en Bourgogne, où se situe sa principale manufacture. Dans son jugement, le tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône indique que la société Maison de la literie Industries - plus de 23 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2020 - fait état d’un passif de plus de 18 millions d’euros et ne peut y faire face pour l’heure. Selon nos informations, les usines sont à l’arrêt et l’objectif est de relancer la production après les vacances d’été. Dans un communiqué diffusé ce lundi aux franchisés, le groupe écrit que le redressement judiciaire « va permettre un redémarrage progressif de la production et des livraisons en magasin », avant de leur assurer qu’ils seront « informés dès que possible de la disponibilité des produits ».

En attendant, bon nombre de franchisés ont dû trouver de nouveaux fournisseurs. « Il y avait des ruptures sur l’ensemble des gammes générales et c’était impossible d’avoir les produits demandés par nos clients, expose l’un d’eux. On ne peut pas se permettre de leur annoncer deux ou trois mois de délai ». Il indique ne pas avoir réceptionné de produits Maison de la literie Industries au moins depuis mai. La société assure de son côté qu’« il y a toujours des livraisons ». Contacté par l’Informé, Philip Daenen, le PDG du groupe depuis sa reprise par la famille Veldeman, explique que cette procédure de redressement est « nécessaire pour créer le cadre juridique qui permet l’investissement » et qu’elle « garantira la continuité et le maintien de l’emploi ».

« Cette décision est clé afin de pouvoir construire sereinement l’avenir, écrit dans le communiqué envoyé aux franchisés. Nous allons pouvoir mieux nous concentrer sur la stratégie de développement et ouvrir la possibilité pour les investisseurs de se positionner, soit une reprise capitalistique, soit sur une reprise des actifs. » Avant de préciser que la mesure de redressement ne concerne pas « à l’heure actuelle » la branche distribution du groupe Maison de la literie. Plusieurs franchisés craignent cependant que cette procédure soit une « prémisse » du destin de l’ensemble du groupe. « Je serais étonné que la situation s’améliore drastiquement dans les prochaines semaines », estime l’un d’eux. À l’inverse, la direction veut croire dans son communiqué à un « nouveau souffle » grâce à la procédure en cours.