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Grande conso

Indexia (ex-Sfam) : les boutiques accumulent les impayés

Alors que les Hubside Store sont accusés de tromper les clients, plusieurs d’entre eux voient leur existence menacée pour une tout autre raison : des loyers non réglés. Les questions sur la santé financière de l’entreprise se multiplient.

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Nicolas Guyonnet / Nicolas Guyonnet

Que se passe-t-il exactement chez Indexia ? Cerné par les poursuites pour ses pratiques de vente abusives, le groupe peinerait-il à payer ses factures ? Son réseau de boutiques d’appareils et de services multimédia, les Hubside Store, rencontre en tout cas de réelles difficultés. Selon nos informatio...

À Montpellier, 123 000 € d’impayés pour le Hubside Store

Ces dernières années, les Hubside Store font l’objet de vives critiques des consommateurs. Le plus souvent, les victimes racontent avoir été attirées dans la boutique par la promesse d’un produit offert, comme une batterie externe. En sortant, ils se retrouvent, souvent sans bien comprendre, titulaires d’une série d’abonnements payants : assurances, mais aussi service de création de site web, programme de fidélité… Mettre un terme aux prélèvements relève alors du parcours du combattant. Mais, en plus d’être en conflit avec des clients, les boutiques le sont donc aussi avec leur bailleur. Le Hubside Store du centre commercial Grand Sud (Montpellier-Lattes) a une ardoise dépassant les 123 000 € auprès du propriétaire du centre, Klepierre, selon une ordonnance de la cour d’appel de Paris rendu début juin. Le géant de l’immobilier a obtenu la résiliation du bail, avec possibilité d’expulser la boutique. Le juge d’appel a refusé la demande d’Hubside de suspendre l’exécution provisoire de la décision.

Même cas de figure à 900 km de là, dans la galerie du Carrefour Rennes Cesson-Sévigné. Là, c’est la cour d’appel de Rennes qui, en février, a refusé un geste demandé par le Hubside Store. Pour tenter d’infléchir les juges, la boutique avait réglé la quasi-totalité des sommes dues au bailleur en cours de procédure… Mais n’avait pas payé le loyer suivant ! Ces deux boutiques sont toujours ouvertes, mais avec une épée de Damoclès au-dessous du panonceau… À Nîmes, celle du centre commercial Cap Costières est parvenue à éloigner momentanément la menace. En avril, la cour d’appel de la ville lui a accordé un échéancier pour apurer sa dette. Mais les juges ont aussi prévu l’expulsion « au besoin avec assistance de la force publique » au moindre nouvel incident de paiement.

« Les discussions avec les bailleurs font partie du processus classique pour une entreprise », tente de dédramatiser la direction d’Hubside auprès de L’Informé. Elle dit ne pas vouloir « commenter les cas individuels », mais assure, pour son échoppe du centre commercial Val d’Europe, avoir « trouvé une solution avec le bailleur » (Klepierre), pour une réouverture prochaine. L’enseigne, qui revendique 130 boutiques en Europe, dément l’hypothèse de difficultés financières : « L’évolution de notre réseau n’est pas fragilisée. »

Pourtant, les impayés du groupe auprès des propriétaires de centres commerciaux s’amoncellent, comme le prouvent les documents que nous avons épluchés. Au cours du procès à Nîmes, Mercialys, la foncière propriétaire de Cap Costières et d’une cinquantaine d’autres centres, a fait état d’un montant d’« environ 500 000 € » dû par les différents Hubside Store. De son côté, devant la cour d’appel de Rennes, la foncière de Carrefour, Carmila, a évoqué une « dette globale » avec les autres sociétés du groupe de près d’un million d’euros (986 713 €). Sollicitées par L’Informé, Mercialys, Klepierre et Carmila n’ont pas souhaité commenter les procédures en cours.

Elles sont loin d’être les seules à devoir se battre pour être payées par Hubside Store et les autres sociétés du groupe Indexia : le PSG ou encore Fnac-Darty ont fait les frais de ces mauvaises habitudes, comme l’avait révélé L’Informé en avril dernier. « Les impayés, chez nous, c’est culturel ! Nous avons des kyrielles de prestataires impayés », se désole aujourd’hui un délégué syndical.

La multiplication des impayés finit par interroger, alors que l’activité du groupe est compliquée par l’accumulation des procédures. Fin avril, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lui a interdit de vendre tout nouveau contrat d’assurance – ils étaient proposés dans les Hubside Store et par téléphone. Le gendarme de l’assurance a pris cette mesure temporaire « afin de protéger les intérêts des clients ».

Les salariés veulent faire la lumière sur les comptes

Les ventes abusives ont valu à Indexia (ex-Sfam) une première amende de 10 millions d’euros en 2019. Le groupe fait face désormais à la perspective d’un prochain procès pénal pour son refus de résilier les contrats des clients. Et c’est sans compter les multiples poursuites judiciaires engagées à titre individuel par des victimes. Une situation qui inquiète le personnel de l’entreprise. « Les départs non remplacés de salariés, le plus souvent via des ruptures conventionnelles, se sont accélérés ces derniers mois », indique-t-on à la CFDT de SFAM Roanne, une des filiales d’Indexia. L’opacité régnant sur la santé financière d’Indexia n’arrange rien – le groupe ne publie pas ses comptes. Pour faire la lumière, le Comité économique et social (CSE) de SFAM Roanne a obtenu, en justice, une expertise financière étendue à l’ensemble du groupe. La direction, qui s’y oppose, s’est pourvue en cassation.