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Vente de SFR : les premiers détails sur les transferts de personnels

Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR ouvrent les processus d’information consultation avec leur comité social respectif à partir de ce mercredi. La quasi-totalité des salariés des activités grand public de SFR ne sera pas reprise dans un premier temps par les acquéreurs.

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CORINNE SIMON / Hans Lucas via AFP

Douche froide en pleine canicule. Les élus du personnel des quatre grands opérateurs télécoms viennent de recevoir les premiers éléments fournis par leur direction dans le cadre de l’information consultation ouverte à partir du 24 juin. Les quatre comités sociaux et économiques (CSE) doivent rendre l...

Car les élus sont sous tension. Première découverte, bien que ces éléments puissent encore évoluer au fil des discussions : quasiment aucun des quelque 1 200 salariés de la division grand public de l’opérateur au carré rouge ne sera transféré. Tout du moins dans un premier temps. « Seul Free s’est engagé pour l’instant à en reprendre 53 du côté de la marque Red », indique à l’Informé Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT chez SFR.

Chez Bouygues Telecom, certains élus évoquent déjà un « bain de sang social ». Ils craignent que leur direction privilégie le personnel venant de SFR à ses propres équipes. Cette inquiétude se cristallise sur deux activités. Il s’agit d’abord du réseau dit « Crozon », un ensemble d’infrastructures mobiles à travers toute la France aujourd’hui mutualisé avec l’opérateur au carré rouge. Ce dernier y a installé de nombreuses antennes Nokia. Or, l’équipementier finlandais n’est pas un fournisseur de Bouygues et il aura donc besoin des connaissances des personnels « rouges ».

L’autre sujet, bien plus préoccupant, concerne SFR Business, deuxième acteur en parts de marché derrière Orange pour les offres aux entreprises. Quelque 2 300 employés aujourd’hui logés dans cette division vont rejoindre les équipes de Bouygues Telecom, qui en compte déjà 1 200 dans ce domaine. « Il va y avoir des doublons dans nombre de fonctions et la direction va pouvoir composer une seule équipe à partir des deux entités, s’inquiète Azzam Ahdab de la CFDT chez Bouygues Telecom. Aujourd’hui, tous deux répondent chacun de leur côté à des appels d’offres mais après le rachat, il ne restera qu’un seul acteur. » La CFDT estime à 2000 le nombre de postes redondants en combinant les deux branches entreprises, et réclame des garanties sur l’emploi. Un chiffre jugé trop élevé par Force Ouvrière, qui vient de mandater un cabinet d’expertise, Ellipce, sur le volet économique de cette opération. Si FO se dit prête à s’opposer à des départs contraints, elle estime cependant qu’avec la pyramide des âges et des incitations financières éventuelles, des salariés pourraient décider de partir d’eux-mêmes au fil des années.

Le sort des 2 000 salariés des boutiques SFR, détenues en propre par la société de Patrick Drahi, suscite aussi l’inquiétude. Le directeur général de Bouygues, Olivier Roussat, a indiqué sur BFM Business que chaque membre du consortium reprendrait 40 magasins avec ses employés, soit autour de 700 personnes au total. Les autres devraient recevoir des offres de reclassement. « On ne sait pas encore lesquelles nous allons acquérir et donc le nombre de personnes transférées », tempère un des acquéreurs.

Orange doit de son côté récupérer l’activité prépayée de SFR, et la gestion des opérateurs mobiles virtuels Réglo, Syma et Coriolis. Soit 238 postes à la clef.

« Sur l’effectif total de 8 000 personnes chez SFR, il devrait en rester 2 500 après répartition des différents actifs », détaille un connaisseur du dossier. Un chiffre contesté par la CFDT. Elle estime que 5 000 employés resteront dans l’incertitude au sein de SFR, surnommés Remain Co (ceux qui restent en français) dans les documents fournis au syndicat. On y trouve toutes les fonctions supports (marketing, informatique, finance, ressources humaines…) et le personnel des activités non reprises.

Les syndicats sont prêts à batailler dur pour obtenir leur reclassement. Mais ces négociations auront lieu dans un second temps, après l’avis rendu sur l’information consultation. Pour mettre la pression, ils ont déjà demandé à être reçus par le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou. « Nous allons utiliser tous les moyens en notre possession pour obtenir des engagements notamment auprès d’Orange dont le premier actionnaire est l’État », précise Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT chez SFR.

Pour l’heure, le trio s’est engagé à ne pas toucher aux effectifs sur une période de 30 mois, après le feu vert éventuel des autorités de concurrence à cette opération attendu pour fin 2027. « Nous aurons besoin de leur expertise pour continuer à faire fonctionner SFR durant de longs mois de transition, on ne veut pas les voir partir », assure un opérateur. Mais pour les représentants du personnel, il ne fait aucun doute qu’avec le temps et la lassitude des équipes sur leur devenir, les gens finiront par partir d’eux-mêmes.

Contactés, SFR, Orange, Bouygues Telecom et Free n’ont pas souhaité faire de commentaire.